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Les animateurs

Louis-René Sénéchal

Louis-René Sénéchal a tenté de prendre sa première photo d’une espèce sauvage, un écureuil, à l’âge de neuf ans. « Je me suis intéressé à la nature bien avant de pouvoir manipuler un appareil photo », raconte Sénéchal. Il s’agissait de la première de nombreuses rencontres du co-animateur de Faune et flore du pays (FFDP) avec la faune du Canada.

C’est au chalet de ses parents situé dans les collines de la Gatineau, au Québec, juste au nord d’Ottawa, qu’il a découvert dès son jeune âge les liens étroits qui existent entre la vie de l’être humain et celle de la faune. « La rencontre d’un ours noir dans le parc de la Gatineau m’a énormément impressionné, dit-il. J’ai constaté que nous ne sommes pas aussi isolés de la nature que nous le croyons. »

Lorsque M. Sénéchal n’est pas en train de faire l’animation et la narration des capsules télévisées de Faune et flore du pays (FFDP), il travaille à titre de coordonnateur principal, programmes d'interprétation et d'information au Parc de la Gatineau de la Commission de la capitale nationale. « Je suis très chanceux de travailler en pleine nature et avec des gens étant déjà intéressés aux espèces sauvages », dit-il. Toutefois, il aime bien le travail qu’il fait auprès de FFDP. « J’ai le bonheur de vivre des moments merveilleux tout en sensibilisant les gens à la nature », ajoute-t-il.

Il a vécu un ces moments durant le tournage de la capsule FFDP sur la Forêt boréale. « C’était un matin magnifique – ensoleillé mais froid. Nous pouvions entendre les oiseaux chanter dans les mélèzes laricins et les voir sauter d’une branche à l’autre. C’était fabuleux », raconte-t-il.

Les rencontres fortuites tout au long de sa vie ont donné à M. Sénéchal de nombreuses occasions de développer ses aptitudes d’interprétation de la nature et d’intéresser d’autres gens à la faune. Adepte du camping d’hiver, il se rappelle de la fois où il était assis dans une chaise de jardin sur un lac gelé en janvier, en compagnie d’un visiteur français de Paris, écoutant des renards hurler tout autour d’eux. Une autre fois, M. Sénéchal a fait une interprétation impromptue de la nature pour ses voisins fascinés par la présence d’un ours noir près du composteur de la famille. Une autre fois encore, il a donné des explications à un groupe de campeurs stupéfiés par la malheureuse rencontre d’un des leurs avec des sangsues.

« J’aime toutes les formes de vie – même les petites bestioles gluantes, dit-il. Cette passion pour la nature est animée par un désir insatiable de mieux connaître le monde vivant. Par le biais des capsules de FFDP, j’espère communiquer cette passion du monde naturel à un grand nombre de gens – surtout les enfants. »

Son auditoire préféré, ce sont les jeunes de la ville. Il passe une bonne partie de ses moments libres dans la nature, « accumulant » les rencontres avec la faune qu’il raconte ensuite aux visiteurs du musée. « Les gens ne comprennent pas toujours leur besoin de la nature – la plupart s’en sentent isolés, dit-il, mais en réalité, ils ne le sont pas, et j’ai pu les aider à découvrir les liens qu’ils ont avec le monde naturel. »

Jody North

Vous la reconnaissez probablement comme animatrice des capsules télévisées de Faune et flore du pays (FFDP). Cependant, Jody Gienow a commencé sa carrière d’éducatrice dans le secteur de la faune dès son jeune âge – plus précisément à l’âge de deux ans et demi – lorsque, à l’horreur de sa mère, elle a couru vers un étranger dans un parc provincial pour lui enlever des mains une couleuvre d’eau.

Au cours de son adolescence, elle a travaillé à titre bénévole dans une installation zoologique, où elle « ramassait des crottes exotiques », comme elle le dit si bien. Plus tard, tandis qu’elle occupait le poste de gardienne de jardin zoologique et s’occupait des lions et des tigres, deux espèces en péril, elle s’est rendu compte que peu de gens savaient qu’il y avait aussi des espèces indigènes en péril dans leurs provinces.

Depuis ce temps, Mme Gienow a mis en application les connaissances qu’elle a accumulées au profit des jeunes et des animaux. Elle et son conjoint Dale sont les fondateurs et co-directeurs du Muskoka Wildlife Centre, un dernier recours pour les animaux indigènes de l’Ontario qui ont des blessures permanentes ou qui ont été enlevés de leur habitat. « Ce n’est ni un centre de réhabilitation ni un jardin zoologique, mais plutôt un établissement de soins prolongés pour des animaux qui sont incapables de survivre dans la nature, dit-elle. Notre principal objectif est l’éducation dans le secteur de la faune. »

En tant que propriétaires du plus grand programme de sensibilisation sur la faune au Canada, Mme Gienow et son mari avaient été engagés au départ pour présenter des animaux durant les activités de FFDP. C’est alors qu’elle a été engagée à titre d’animatrice. « Je sentais probablement le crottin d’orignal », dit-elle en riant, mais c’était sûrement l’odeur d’authenticité qu’a sentie FFDP. Elle a reçu un appel téléphonique quelques semaines plus tard et on lui a dit qu’elle avait été choisie à titre d’animatrice.

Dans le cadre de son travail auprès de FFDP, c’est le tournage du clip vidéo  Le corégone de l’Atlantique que Mme Gienow a aimé le plus. « C’était fabuleux de voir les efforts de conservation à l’écloserie où la reproduction et l’élevage de ces poissons ont lieu, dans le but de les remettre en liberté dans la nature », dit-elle. Cependant, son clip vidéo préféré est celui sur le monarque. « C’est l’espèce que j’admire le plus, dit-elle. La magie du cycle de vie de cet insecte, passant de l’œuf à la larve, puis à la chrysalide et enfin au papillon, ne cesse de m’émerveiller. » 

Mme Gienow apporte une expérience authentique de la faune à son rôle d’animatrice de FFDP. Dans le cadre de son travail au centre de la faune, elle a vu beaucoup de choses et s’est occupée, entre autres, de Woodrow, un castor orphelin au crâne fracturé qui a aussi perdu ses dents antérieures. Woodrow regarde Mme Gienow avec tendresse et lui parle comme si elle était sa mère. « Il est le plus heureux sur mes genoux à cause du traumatisme qu’il a vécu », ajoute-t-elle.

Outre la faune, Mme Gienow s’intéresse à la poterie et au jardinage de légumes, et elle passe le plus de temps possible avec son fils. C’est en raison de son fils qu’elle est heureuse de voir que FFDP a repris son envol en s’intéressant particulièrement aux jeunes. « Une telle initiative de conservation qui rejoint un si grand nombre par la télévision et l’Internet aura sûrement un impact positif  à la grandeur du pays », dit-elle.

Lorsque Mme Gienow n’est pas à Muskoka, elle voyage avec ses animaux et présente aux jeunes des exposés sur la faune. « J’adore être entourée d’enfants, dit-elle. Leurs esprits sont comme des éponges et ils apportent l’espoir d’un changement pour l’avenir. »