Paysage
English

Revitalisez un milieu humide

Les milieux humides sont les joyaux de la couronne du Canada. Marécages, bourbiers, marais, fondrières ou étangs, ces trésors terrestres et côtiers sont utiles aux populations d’espèces y habitant en permanence ainsi qu’à la faune migratrice. Comme chacun des joyaux de la couronne, chaque milieu humide est indispensable.

Un marais salé, par exemple, est un riche habitat rempli de plantes très nutritives. Il nourrit tout, du protozoaire au poisson qui l’utilise comme frayère. Un nombre étonnant de migrateurs aviaires s’y reposent et y font le plein entre leurs aires de reproduction et d’hivernage.

De même, les terres humides comme les fondrières des Prairies offrent de la nourriture et un abri à des réseaux de vie parmi les plus riches et les plus variés de la planète. D’innombrables migrateurs comme la bernache cravant et l’oie des neiges voyagent d’une côte à une autre en y faisant escale.

La perte d’un seul de ces milieux humides signifie que de nombreux migrateurs risquent de ne jamais arriver à destination. Triste réalité, plus de 65 % des marais salés des Maritimes, 40 % des terres humides des Prairies, 70 % des terres humides du sud de l’Ontario et de la vallée du Saint-Laurent, ainsi que 70 % des terres humides des estuaires du Pacifique ont déjà disparu.

S’il y a un milieu humide en difficulté près de chez vous, c’est le moment ou jamais d’intervenir.

  1. Organisez une campagne de nettoyage. Utilisez des sacs à ordures pour ramasser les débris de verre, de plastique et de métal pouvant blesser les animaux. Regardez où vous posez le pied, car vous marchez à travers des habitations. Laissez les souches, les pierres et autres objets naturels sur place, car ils servent d’abris aux bêtes de ces milieux. Placez des affiches indiquant « Décharge interdite ».
  2. Rétablissez la flore d’un milieu humide. Un bon moyen de sauver un milieu humide est d’y transplanter des plantes provenant de sites donneurs similaires. Collaborez avec les agents locaux de la conservation. Utilisez une pelle pour déraciner des touffes de plantes en prenant un peu de terre et quelques tiges avec les racines. N’enlevez qu’une partie des plantes. Transplantez-les le plus tôt possible au nouvel endroit. Creusez des trous et enfoncez les racines environ 5 cm sous la surface, tassant la terre tout autour. Les racines doivent être bien ancrées.
  3. Encouragez l’agriculture favorable aux milieux humides. Indiquez aux propriétaires que beaucoup d’espèces se reproduisent sur les terres agricoles privées et que d’innombrables oiseaux migrateurs ne pourraient pas survivre sans les milieux humides ruraux où ils font escale. Persuadez-les de réserver des milieux humides à titre d’habitats protégés. Encouragez les techniques de conservation qui aident les agriculteurs à protéger les berges où poussent des végétaux, empêchant le ruissellement des engrais et des pesticides dans l’eau, réduisant ainsi les dommages à l’habitat. Incitez les éleveurs à clôturer les milieux humides pour en limiter l’accès au bétail.
  4. Surveillez la propagation des espèces aquatiques exotiques. Luttez contre les espèces envahissantes comme la salicaire, la moule zébrée, la grémille eurasienne et le Bythotrephes caderstrœmi (cladocère prédateur). Les organismes régionaux de la faune ont des dépliants décrivant ces envahissantes et surveillent leur propagation.
  5. Faites la publicité de votre projet. Les canards de mer et les bécasseaux ne peuvent pas dire à quel point leur survie dépend des terres humides, mais vous pouvez le dire pour eux ! Alors, avisez votre journal local, ainsi que les stations locales de radio et de télévision.