Paysage
English

Les oiseaux de rivage

Au premier regard

Les oiseaux de rivage

Les oiseaux de rivage :

  • suivent souvent des routes différentes selon qu’ils migrent vers le nord ou vers le sud
  • incluent des espèces dont les migrations sont parmi les plus longues connues
  • peuvent voler de 40 à 60 heures d’affilée au-dessus de l’océan à une altitude pouvant atteindre 3 000 m


Description

Silhouette d'un oiseau de rivage

Les oiseaux de rivage constituent l’un des groupes d’oiseaux les plus intéressants, les plus importants et les plus spectaculaires du Canada. De nombreuses espèces composent la grande famille des oiseaux de rivage, y compris les pluviers, les huîtriers, les avocettes, les échasses, les tournepierres, les bécasseaux, et les maubèches, les chevaliers, les bécassines, les barges, les courlis et les phalaropes.

Pour les novices, de nombreuses espèces d’oiseaux de rivage, en particulier les petits bécasseaux, semblent quelque peu similaires, présentant des variations d’un même modèle aux longues pattes, au bec allongé, aux ailes fortes et pointues et au corps fuselé. Ces caractéristiques sont toutes représentatives du mode de vie des oiseaux de rivage — de longues pattes pour marcher dans l’eau, dans les vasières ou dans les marais, un bec allongé pour fouiller la toundra de l’Arctique ou différents types de sols à la recherche de petits invertébrés, et de longues ailes et un corps fuselé adaptés à des vols rapides sur de longues distances.

Haut de la pageHaut de la page

Habitat et habitudes

Ces oiseaux passent une grande partie de leur temps en terres humides et tirent leur nom du fait qu’ils se retrouvent souvent le long de rivages d’océans, de lacs et d’autres zones humides ou marécageuses.

Les oiseaux de rivage comprennent des espèces dont les migrations sont parmi les plus longues connues. Certaines espèces nichant dans la région Centre de l’Arctique se rendent dans des régions à l’extrême Sud de l’Amérique du Sud pour hiverner, tandis que d’autres qui nichent aux extrémités orientale et occidentale de l’Arctique se déplacent respectivement vers l’Europe, l’Asie et l’Australasie. Les destinations hivernales diffèrent beaucoup selon les différentes espèces d’oiseaux de rivage et incluent une grande diversité d’habitats et de zones climatiques.

De nombreux oiseaux de rivage forment de grandes bandes pendant la saison de migration et dans les aires d’hivernage. C’est à cette époque de l’année que la plupart des gens reconnaissent ces oiseaux au Canada. D’immenses concentrations, comprenant des dizaines ou même des centaines de milliers d’oiseaux, peuvent être aperçues au moment de la migration dans des endroits comme la baie de Fundy dans l’est du Canada, sur les lacs des Prairies, ou sur le delta du fleuve Fraser sur la côte ouest. Peu de gens restent insensibles devant la beauté et le mystère des immenses volées de bécasseaux qui tournoient au-dessus des vasières d’un vaste estuaire et devant ces vagues scintillantes passant tour à tour du clair au foncé lorsque les ailes des oiseaux captent les reflets du soleil.

Les oiseaux de rivage perdent leurs plumes corporelles au moins deux fois dans l’année : au printemps, avant la migration vers le nord, où ils acquièrent un plumage nuptial généralement coloré souvent marqué de taches voyantes rouges, brunes et noires et de nouveau à l’automne où ils se couvrent d’un plumage « d’hiver » plus terne habituellement teinté de gris et de blanc. Comme c’est le cas pour bien des aspects de la biologie des oiseaux de rivage, on observe de grandes variations dans les périodes de mue; certaines espèces perdent leurs plumes avant de quitter les aires de nidification alors que d’autres muent au cours des haltes pendant leur migration.

Des études sur le baguage des oiseaux (information recueillie sur les déplacements des oiseaux grâce à des bagues numérotées an aluminium posées sur les pattes) ont démontré que, chez certaines espèces, les mêmes oiseaux retournent souvent, d’une année à l’autre, dans les mêmes régions, que ce soit pendant la migration vers le nord ou vers le sud. Certains oiseaux reprennent le même territoire de nidification et restent fidèles au même partenaire. Il arrive aussi qu’ils choisissent de nicher près des mêmes voisins. Les déplacements des oiseaux sont donc loin d’être laissés au hasard, et chaque individu en vient à connaître plusieurs endroits qui lui procurent de la nourriture et un gîte requis à différentes périodes de l’année. Cependant, encore une fois, il existe une diversité de comportements, certaines espèces choisissant de profiter des bonnes conditions là où elles peuvent les trouver une certaine année, plutôt que de retourner à une aire connue où les ressources ne sont pas toujours maximales.

Toutefois, en général, la familiarité avec les mêmes aires acquise tout au long de leur vie permet aux oiseaux d’utiliser efficacement les ressources, augmentant ainsi leurs chances de survie. Lorsqu’ils survivent à la première année, les oiseaux de rivage peuvent vivre très longtemps. Les données sur la longévité des oiseaux montrent que les espèces de grande taille peuvent vivre plus de 30 ans, que les espèces de taille moyenne atteignent probablement de 10 à 20 ans et que les espèces de petite taille, moins de 10 ans, soit en moyenne peut-être quatre ou cinq ans.

Caractéristiques uniques

L’usure des plumes est considérable au cours d’une année en raison des longues migrations. Sans la mue annuelle (changement de plumage), les pennes des ailes seraient bientôt trop endommagées pour permettre à l’oiseau de voler Contrairement aux canards, et aux oies et bernaches, qui perdent toutes les pennes de leurs ailes en même temps et ne peuvent pas voler avant la repousse des nouvelles, les oiseaux de rivage ne perdent que quelques plumes de vol à la fois, de telle sorte qu’ils puissent continuer à voler.

Haut de la pageHaut de la page

Aire de répartition

Les destinations hivernales diffèrent beaucoup selon l’espèce et incluent une grande diversité d’habitats et de zones climatiques. Les Bécasseaux maubèches (Calidris canutus) et les Barges hudsoniennes (Limosa haemastia), par exemple, se retrouvent en très grand nombre dans les grandes baies intertidales de la Terre de Feu au sud du continent, ces dernières étant presque aussi loin de l’équateur que ne le sont leurs aires de nidification dans le Nord. Les espèces terrestres, comme le Pluvier bronzé (Pluvialis dominica), hivernent dans les prairies et les lagunes de l’Argentine et de l’Uruguay. Les Bécasseaux sanderling (Calidris alba) sont très nombreux sur les longues plages de la côte du Pacifique, particulièrement au Pérou et au Chili. Les Tournepierres à collier (Arenaria interpres) et les Bécasseaux semipalmés (Calidris pusilla) fréquentent principalement les estuaires et les littoraux tropicaux bordés de mangroves, sur la côte nord de l’Amérique du Sud, notamment au Brésil et dans les Guyanes.

On retrouve des espèces, telles que le petit Bécasseau d’Alaska (Calidris mauri), qui empruntent la « voie de migration » du Pacifique, sur les vastes estrans intertidaux situés dans le golfe du Panama, sur la côte du Pacifique au nord-ouest du Mexique et dans la baie de San Francisco. Le Bécasseau violet (Calidris maritima), un habitué des littoraux rocheux, se retrouve dans l’aire d’hivernage le plus au nord de tous les oiseaux de rivage sur la côte est de l’Amérique du Nord, s’obstinant à se rendre aussi loin que la glace le permet dans les provinces de l’Atlantique de l’Est du Canada, et des États de la Nouvelle-Angleterre aux États-Unis. Le climat tempéré de la côte Ouest du continent permet à certaines espèces, comme l’Huîtrier d’Amérique (Haematopus palliatus), de vivre à longueur d’année sur la côte de la Colombie-Britannique.

Certaines espèces empruntent des routes à l’intérieur du continent, se rassemblant pour se nourrir et se reposer dans des terres humides et sur le bord des lacs. Les zones qui leur procurent les habitats et les ressources nécessaires sont souvent très éloignées les unes des autres et les obligent à traverser des « barrières écologiques » comme des océans, des déserts ou des forêts, où ils ne peuvent ni se poser, ni se nourrir. Pour franchir ces distances, les oiseaux doivent accumuler suffisamment d’énergie sous forme de graisse corporelle pour résister aux longues heures de vol sans escale qui les mèneront à leur prochaine destination.

Les oiseaux qui partent, par exemple, de la côte Est de l’Amérique du Nord peuvent voler de 40 à 60 heures d’affilée au-dessus de l’océan avant d’atteindre la côte Nord de l’Amérique du Sud. Ils peuvent voyager à des altitudes de 3 000 m ou plus et parcourir au total de très grandesdistances. À cause de l’inversion des saisons entre les deux hémisphères, ces grands migrateurs passent donc l’été aux deux extrémités de leurs voies de migration.

La répartition des oiseaux de rivage La répartition des oiseaux de rivage

Au « printemps », la plupart des oiseaux prennent une fois de plus la direction du nord. Cependant, pour les espèces de grande taille et de taille moyenne, qui ne commencent généralement à nicher qu’à leur deuxième ou troisième année, les populations « estivales » composées principalement de jeunes adultes, peuvent demeurer dans le Sud ou ne migrer que partiellement vers les aires de nidification.

Chez un grand nombre d’espèces, la route vers le nord est différente de celle suivie en direction sud. Des sites différents peuvent présenter un intérêt pour les oiseaux selon la saison, en raison du climat et de la disponibilité de la nourriture; c’est pourquoi les trajectoires de migration prennent la forme d’une ellipse. Comme pendant la migration automnale, on peut observer, dans les habitats préférés, de spectaculaires rassemblements d’oiseaux. Les très grandes concentrations de Bécasseaux maubèches, de Tournepierres à collier, de Bécasseaux semipalmés et de Bécasseaux sanderling qui se retrouvent dans la baie de Delaware au mois de mai pour se nourrir d’œufs de limule, phénomène qui ne se produit qu’à ce moment-là de l’année, représentent un exemple concret de ces regroupements.

Haut de la pageHaut de la page

Alimentation

Pour la plupart des oiseaux de rivage, le moment de quitter les aires de nidification à l’automne entraîne une modification importante de leur mode de vie. Dans la toundra, bon nombre se nourrissent d’insectes qu’ils trouvent en surface. En outre, ils se retrouvent très dispersés dans les aires de nidification, les groupes étant constitués d’une seule famille ou de petites bandes. Pendant la migration, ils se nourrissent à marée basse d’espèces qui n’ont pas de colonne vertébrale, c.-à-d. d’invertébrés, (y compris des vers polychètes, des bivalves comme Macoma balthica dans la baie James, et l’abondante crevette fouisseuse Corophium volutador dans la baie de Fundy), vivant sur les estrans côtiers. Ils se rassemblent à marée haute en bandes innombrables dans leurs aires préférées de repos.

Haut de la pageHaut de la page

Reproduction

En Amérique du Nord, la plupart des espèces d’oiseaux de rivage, particulièrement les bécasseaux et les maubèches, ainsi que les espèces apparentées, nichent en Arctique ou dans les régions subarctiques. Un plus petit nombre d’espèces nichent dans les forêts boréales (c.-à-d. dans les forêts de conifères du Nord) et tempérées d’Amérique du Nord, peut-être dans les prairies ou les marais, ou encore le long de grèves et de rivages de lacs ou d’océans. D’autres encore nichent au sud dans la zone tropicale.

En Arctique, les oiseaux de rivage habitent les grandes aires ouvertes de la toundra, au nord de la limite des arbres. La saison de nidification estivale est courte, soit à peine de six à huit semaines; il est donc à l’avantage des oiseaux d’arriver tôt. Bon nombre d’espèces arrivent lorsque le sol est encore couvert de neige et qu’il y a peu de nourriture. Dans le Grand Nord, certaines espèces apportent, en fait, de la nourriture avec elles sous forme d’un surplus de graisse et de protéines accumulé pendant les arrêts aux aires de repos en route vers le nord. Ces réserves constituent sans doute un élément important pour assurer leur survie au cours du printemps froid de l’Arctique et leur bonne forme en vue de la nidification.

La nidification commence avec le dégel printanier; le mâle délimite son territoire au-dessus duquel il fait des parades aériennes, chante et chasse les rivaux. Si ce n’est pas déjà fait, la pariade a lieu et, à plusieurs endroits dans un habitat propice, le mâle gratte le sol pour marquer la forme et l’emplacement d’un nid; la femelle choisira ensuite un des sites pour y pondre ses œufs. L’habitat varie selon les espèces : certaines choisissent des zones marécageuses où elles cachent leur nid dans la végétation, alors que d’autres préfèrent des habitats plus secs et dégagés et dissimulent leur nid dans la végétation basse. Bien que les nids soient au sol, ils sont souvent difficiles à repérer, même pour les prédateurs. Le plumage nuptial dorsal de ces oiseaux nicheurs les soustrait complètement de la vue des prédateurs.

La femelle pond normalement quatre œufs au cours d’une période de cinq jours et, dans certains cas, le poids de la couvée (ensemble d’œufs) est presque égal au poids de la femelle elle-même. L’incubation (période pendant laquelle l’oiseau couve ses œufs pour les garder au chaud jusqu’à l’éclosion) commence habituellement lorsque tous les œufs sont pondus, parfois après la ponte du troisième œuf. Chez bon nombre d’espèces, cette tâche est assurée presque également par le mâle et la femelle.

Les œufs éclosent après trois semaines environ. Les oisillons sont déjà recouverts d’un fin duvet et munis d’un bec fort et de pattes bien développées. En moins de 24 heures, la famille entière a déjà quitté les abords du nid. Bien que les petits soient en mesure de courir et de se nourrir eux-mêmes, ils restent près des adultes au cours des premiers jours pour être couvés (se garder au chaud sous les adultes), jusqu’à ce qu’ils puissent maintenir la température de leur corps. Le mâle et la femelle s’occupent des jeunes pendant les premiers jours, les menant vers des habitats propices et les protégeant contre les prédateurs. Puis, les limites territoriales disparaissent complètement, et il arrive souvent que la nichée et les parents se promènent à plusieurs kilomètres du nid.

Dans bien des cas, la femelle part avant que les petits n’aient toutes les plumes nécessaires au premier envol, laissant au mâle la tâche de les protéger jusqu’à ce qu’ils puissent voler. Il est probablement plus important pour la survie à long terme de l’espèce que la femelle entreprenne tôt la migration au lieu de rester pour protéger les petits. En effet, elle a ainsi une meilleure chance de retourner l’année suivante pondre d’autres œufs. À trois semaines, les oisillons prennent leur premier envol et, peu de temps après, le mâle part. Les jeunes suivent après le départ de la plupart des adultes.

La majorité des espèces de bécasseaux et de maubèches adoptent les stratégies de nidification décrites ci-dessus. Cependant, il existe une grande diversité de comportements de nidification dans la famille des oiseaux de rivage. Chez certaines espèces, seule la femelle assure l’incubation. Chez d’autres, la femelle peut pondre plusieurs couvées, celles-ci étant issues successivement de mâles différents. Elle peut aussi en couver une pour elle et laisser la tâche d’une autre à un mâle. Chez d’autres espèces encore, les mâles se regroupent dans des arènes de reproduction connues sous le nom de « leks », où se rendent les femelles pour la pariade, créant ainsi un comportement reproducteur fondé sur la promiscuité.

Haut de la pageHaut de la page

Conservation

Le renard arctique et d’autres oiseaux, comme les labbes, les goélands et les mouettes, font partie des prédateurs des oiseaux de rivage. Les oiseaux se défendent contre les prédateurs de différentes façons. Certains restent immobiles, se fondant dans la toundra, jusqu’à ce que le danger ait passé; d’autres protestent bruyamment et attaquent vigoureusement l’intrus, le chassant en vol ou l’attaquant en piqué. Souvent les oiseaux des alentours unissent leurs efforts pour évincer un prédateur. Les oiseaux déploient aussi différents stratagèmes pour éloigner un prédateur terrestre de leur nid : ils simulent l’oiseau blessé en battant le sol et en feignant d’avoir une aile brisée ou s’éloignent rapidement à la manière d’un petit rongeur, le dos arrondi par le gonflement des plumes, la queue traînante et en émettant des cris stridents.

Il n’est pas facile d’estimer la taille des populations d’oiseaux de rivage. Dans les sites de reproduction du nord, les oiseaux sont répartis en faibles nombres sur de très grandes distances. Bon nombre d’aires d’hivernage sont situées dans des régions isolées de l’Amérique du Sud où il peut être nécessaire d’effectuer des relevés aériens pour obtenir des dénombrements. Les oiseaux peuvent être plus accessibles une fois qu’ils ont migré vers l’Amérique du Nord, mais les variations rapides du nombre d’individus lorsqu’ils traversent un site peuvent compliquer le dénombrement.

Ce n’est que tout récemment que des renseignements provenant de toutes les parties des aires de répartition des oiseaux ont été réunis pour produire des estimations des populations des quelque 50 espèces qui se trouvent au Canada et aux États-Unis. Ces estimations varient de quelques dizaines de Courlis esquimaux, (Numenius borealis) en voie de disparition et peut-être disparus, à plusieurs millions d’individus pour les petites espèces les plus abondantes, telles que le Bécasseau semipalmé. La plupart des espèces d’oiseaux de rivage ont des populations de quelques centaines de milliers d’individus. Les petites espèces ont des populations plus nombreuses que les grandes espèces. Il existe, en fait, un rapport négatif direct entre le poids moyen des individus de l’espèce et la taille estimée de leur population.

Les dénombrements des oiseaux de rivage provenant de divers relevés auxquels participent des ornithologues amateurs et des biologistes professionnels et effectués au cours des quelques dernières décennies ont été très utiles dans l’évaluation de la santé des populations d’oiseaux de rivage. Cependant, les résultats de ces études indiquent que le nombre d’individus de la plupart des espèces d’oiseaux de rivage diminue. La majorité des oiseaux en déclin semblent être de grands migrateurs nichant en Arctique.

Ces résultats laissent présager une nouvelle crise de conservation pour un important groupe d’oiseaux au Canada, signalant la nécessité d’entreprendre des recherches afin de déterminer la nature des problèmes en cause et pour mettre de l’avant des mesures de conservation appropriées.

Des plans nationaux de conservation des oiseaux de rivage ont été élaborés au Canada et aux États-Unis en raison de la sensibilisation accrue aux menaces qui pèsent sur les populations et les habitats de ces espèces. Ces plans devraient donner un bon élan aux mesures de conservation axées sur la collaboration entre tous les ordres de gouvernement et les organismes non gouvernementaux. Bien que les oiseaux de rivage puissent être considérés comme un groupe nécessitant une attention particulière (avec les oiseaux des prairies et les canards de mer), il est nécessaire d’intégrer les initiatives de conservation pour tous les oiseaux. La conservation des oiseaux de rivage sera coordonnée sous forme d’une approche complète à la conservation des oiseaux connue sous le nom de l’Initiative de conservation des oiseaux de l’Amérique du Nord (ICOAN).

Toutefois, pour que les programmes de conservation des oiseaux de rivage réussissent, leur envergure doit être internationale, puisque les migrations de ces oiseaux sont intercontinentales. C’est le cas du Réseau de réserves pour les oiseaux de rivage dans l’hémisphère occidental (RRORHO).  Ce réseau est issu directement de programmes de recherche coordonnés à l’échelle internationale, qui ont montré que les oiseaux de rivage fréquentent un nombre limité de sites pendant leurs cycles annuels, et que ces sites répondent aux besoins d’une proportion élevée de ces populations. Ces endroits spéciaux, qui fournissent une abondance exceptionnelle de nourriture à un moment opportun, constituent les maillons d’une chaîne de sites permettant aux oiseaux d’accomplir leurs migrations. Pour que survivent les oiseaux de rivage, tous les maillons de la chaîne doivent être préservés, puisque la disparition d’un maillon perturberait tout le système de migration, empêchant ainsi les oiseaux de terminer leurs déplacements annuels. Il y a actuellement plus de 30 réserves dans le RRORHO protégeant les habitats des oiseaux de rivage de l’Alaska à la Terre de Feu.

Le défi de conserver des populations saines de ces migrateurs intercontinentaux est accentué par plusieurs aspects de leur biologie et est sans aucun doute lié aux préoccupations et aux activités humaines. Bien que les populations d’oiseaux de rivage puissent sembler importantes, leur habitude de se rassembler en grand nombre en un endroit à un moment donné, les rend vulnérables à des accidents écologiques ou à la dégradation environnementale. Les déclins des populations enregistrés ces dernières années ne pourront probablement pas être renversés de sitôt. Étant donné que ces oiseaux vivent relativement longtemps et qu’ils n’ont que quelques petits par année, leurs populations sont très vulnérables à une augmentation de la mortalité des adultes.

En outre, ils font face à des conditions météorologiques incertaines dans leurs aires de nidification, ce qui peut avoir des répercussions négatives sur la survie des jeunes. Les oiseaux de rivage sont très dépendants des ressources qu’ils trouvent à différentes étapes de leurs cycles annuels, et leurs migrations doivent être parfaitement synchronisées afin qu’ils atteignent le bon endroit au moment opportun.

Bon nombre d’endroits fréquentés par les oiseaux de rivage, par exemple les milieux humides, les estuaires et les littoraux, sont des lieux de prédilection pour les développements industriels et les aménagements à des fins récréatives, et sont souvent menacés par la pollution. Ces habitats comptent parmi les milieux les plus productifs au monde; ils fournissent des ressources naturelles et des avantages économiques aux populations humaines et sont essentiels aux espèces sauvages. Un grand nombre d’activités humaines dépend du bon équilibre biologique des milieux humides qui sont indispensables à la survie des oiseaux de rivage; ces derniers sont donc d’excellents indicateurs de la santé de ces importants écosystèmes. Dans cette optique, l’étude des populations d’oiseaux de rivage et les mesures de conservation ne sont pas des activités superflues ou du simple divertissement, car ils fournissent de précieux indices sur l’état de l’environnement. Les grandes migrations des oiseaux nous rappellent aussi que les questions environnementales doivent d’abord être envisagées sur le plan international et, en fin de compte, à l’échelle planétaire. Le défi de maintenir des populations saines d’oiseaux de rivage est directement lié à notre propre survie.

Haut de la pageHaut de la page

Ressources

Ressources en ligne

Cornell University Laboratory of Ornithology (en anglais seulement)

Initiative de conservation des oiseaux de l’Amérique du Nord (ICOAN) 

Réseau de réserves pour les oiseaux de rivage dans l’hémisphère occidental

Ressources imprimées

BODSWORTH, F. Last of the Curlews, réimprimé en édition de poche en 1963 par McClelland and Stewart Ltd.,Toronto, 1954.

BURGER, J., et B.L. OLLA (éd.). « Shorebirds: breeding behavior and populations » et « Shorebirds: migration and foraging behavior », dans Behavior of Marine Animals, vol. 5 et 6, New York, Plenum Press, 1984.

GODFREY, W. E. Les oiseaux du Canada, éd. rév., Musées nationaux du Canada, réimprimé en 1989, La Prairie (Québec), Éditions Marcel Broquet, en collaboration avec le Musée national des sciences naturelles, 1986.

HALE, W.G. Waders, Glasgow, Collins, 1980.

HAYMAN, P., J. MARCHANT et A.J. PRATER. Shorebirds: an identification guide to the waders of the world, London: Croom Helm, 1986.

MORRISON, R.I.G. « Migration systems of some New World shorebirds » dans Shorebirds, migration and foraging behavior, Behavior of marine animals, vol. 6, New York, Plenum Press, 1984, p. 125 à 202.

MORRISON, R.I.G., et R.K. ROSS. Atlas of Nearctic shorebirds on the coast of South America, publication spéciale du Service canadien de la faune, 2 vol., Ottawa, 1989, 325 p.

PAULSON, D. Shorebirds of the Pacific Northwest, Seattle, University of Washington Press, 1993.

STOUT, G.D. (éd.). The shorebirds of North America, avec du texte rédigé par Peter Matthiessen, des tableaux de R.V. Clem et des comptes rendus sur les espèces rédigés par R.S. Palmer, New York, The Viking Press, 1967.

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, représentée par le ministre de l’Environnement, 1989, 2001. Tous droits réservés.
N° de catalogue : CW69-4/74-2001F
ISBN : 0-662-85374-1
Texte : R.I.G. Morrison
Photo : Gerry Beyersbergen
Révision scientifique : R.I.G. Morrison, 2001