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Le Fuligule à dos blanc

Photo: Kevin Friesen

Le Fuligule à dos blanc

Au premier regard

Le Fuligule à dos blanc

Le Fuligule à dos blanc :

  • est très prisé des chasseurs à cause de sa chair qui peut être délicate lorsqu’il s’est alimenté de certaines plantes dont la vallisnérie
  • mâle adulte et les jeune fuligules semblent se concentrer en grandes troupes durant la migration
  • est l’un des canards dont le vol est le plus puissant (il peut atteindre 120 km/h)
  • était autrefois abattu en grand nombre chaque jour avec des armes aujourd’hui prohibées


Description

Le Fuligule à dos blanc (Aythya valisineria), auparavant appelé Morillon à dos blanc, est un canard sauvage qui ne vit qu’en Amérique du Nord. Le mâle adulte est un gros canard à ventre blanc et à dos gris; sa poitrine est noire, son front est fuyant, et sa tête et son cou sont marron. La femelle adulte est à peu près de la même taille et a le même profil : front fuyant et long bec. Cependant, elle est moins colorée et donc plus apte à se fondre dans l’environnement pendant qu’elle couve ou élève ses petits. Elle a le ventre blanc, le dos brun pâle et la tête, le cou et la poitrine, bruns rougeâtres. Les Fuligules à dos blanc, mâles et femelles, ressemblent aux Fuligules à tête rouge et aux Fuligules à collier du sexe correspondant, mais s’en distinguent par leur bec noir plus long et leur front plus fuyant.

Au début de l’automne, les jeunes des deux sexes ressemblent à la femelle adulte, mais le plumage de leur poitrine est plus marbré et leur dos plus sombre. En novembre, les jeunes mâles commencent à ressembler à leurs aînés et, en février, le plumage adulte est à peu près complet chez les deux sexes.

Le genre Aythya, auquel appartient le Fuligule à dos blanc, comprend douze espèces, dont les cinq suivantes qui se trouvent en Amérique du Nord : le Fuligule à dos blanc, le Fuligule à tête rouge, le Fuligule milouinan, le Petit Fuligule et le Fuligule à collier. En général, toutes les espèces du genre Aythya ont un corps arrondi, de grands pieds, les pattes placées à l’arrière du corps et un large bec. Tous ces canards sont des plongeurs.

Signes et sons

Le mâle qui fait sa cour fait entendre un roucoulement rappelant presque le cri d’une tourterelle : ic-ic-coűoű. La femelle répond par un caquètement grave : couk-couk.

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Habitat et habitudes

Hors de la période de reproduction, le Fuligule à dos blanc passe son temps sur l’eau, dans d’immenses troupes qui peuvent s’étirer sur des kilomètres dans les grands lacs et les grandes baies.

Dans leurs zones d’alimentation hivernale, les Fuligules à dos blanc forment souvent de petites troupes compactes qui se déplacent ça et là par plaisir, surtout tôt le matin et tard en après-midi. En vol, leurs ailes produisent un fort bruissement.

Les canards sauvages se nourrissent soit en plongeant (voir la figure 1), soit en barbotant à la surface de l’eau. Si le Fuligule à dos blanc barbote à l’occasion, c’est néanmoins un canard plongeur parce qu’il recherche généralement sa nourriture loin sous la surface. De plus, le doigt postérieur de ses pattes est lobé, comme celui des autres plongeurs, ce qui lui permet de l’utiliser comme une rame dans l’eau.

Caractéristiques uniques

Le Fuligule à dos blanc est très prisé des chasseurs à cause de sa chair qui peut être délicate selon son alimentation. Il tire une partie de son nom latin d’une plante aquatique, la vallisnérie (Vallisneria americana), l’un des aliments qui donnent un excellent goût à cet oiseau considéré comme gibier.

Le Fuligule à dos blanc est l’un des canards au vol le plus puissant : il peut atteindre la vitesse de 120 km/h dans les airs. Au sol, par contre, l’oiseau est gauche à cause de sa grande taille, ses courtes pattes et ses pieds palmés. Lorsqu’il s’envole d’un plan d’eau, le Fuligule à dos blanc court sur une certaine distance avant de s’élever.

Caractéristiques uniques

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Aire de répartition

La répartition du Fuligule à dos blanc

La carte indique l’aire de reproduction principale du Fuligule à dos blanc au Canada central, concentrée surtout en Saskatchewan et en Alberta, et dans le Nord des États-Unis. Un nombre plus restreint niche plus au nord, jusque dans le centre de l’Alaska. On a trouvé des couples nicheurs aussi loin à l’est qu’aux lacs Shoal et Manitoba, jusqu’à Grand Forks (C.-B.) à l’ouest, au sud jusqu’à Cimarron (Nouveau-Mexique) et au nord jusqu’à Fort Yukon (Alaska) et sur le fleuve Anderson (Territoires du Nord-Ouest).

Le Fuligule à dos blanc hiberne principalement sur les côtes américaines de l’Atlantique et du Pacifique, jusqu’au 20e degré de latitude nord environ. Un grand nombre de ces canards passent l’hiver dans les régions côtières du Sud du Maryland et de la Virginie.

La migration vers le sud est bien engagée à la mi-octobre. Durant cette période, les volées de Fuligules à dos blanc passent habituellement haut dans le ciel, en formations en V. Les volées migratoires comptent normalement une centaine d’oiseaux, mais les volées convergent souvent vers des haltes de migration traditionnelles pour s’alimenter, ce qui donne lieu à des rassemblements de plusieurs milliers d’individus.

Les Fuligules à dos blanc empruntent trois grands corridors ou voies de migration : ceux qui nichent dans le centre et à l’Est des Prairies migrent en direction du sud-est vers des zones d’hibernation situées sur la Côte de l’Atlantique, surtout en Virginie et au Maryland. C’est le groupe le plus nombreux; il traverse les lacs Sainte-Claire et Érié, puis coupe par les lacs Finger de l’État de New York ou se rend à l’extrémité Est du lac Ontario avant de se diriger vers le sud. De petites troupes de cette population passent même dans la région de Montréal, où il est relativement facile de les observer. Une autre partie de la population se rend du centre des Prairies aux tributaires septentrionaux du fleuve Mississippi, en suivant la vallée fluviale jusqu’au golfe du Mexique. Le plus petit contingent migre des zones de reproduction de l’Ouest de l’Alberta, de l’intérieur de la Colombie-Britannique et du centre de l’Alaska jusqu’aux lieux d’hibernation situés sur la Côte du Pacifique.


Les mâles adultes et les jeunes semblent s’assembler en grandes troupes durant la migration; les femelles migreraient sur un large front, sans être abondantes où que ce soit. Les voies de migration empruntées par le Fuligule à dos blanc ont changé au cours du dernier siècle. Si quelques individus seulement pouvaient être observés au Massachusetts ou au Maryland avant 1895, le canard est aujourd’hui commun dans ces deux États. Maintenant, l’espèce se concentre également en grand nombre dans les bassins de navigation sur le Haut-Mississippi, où elle était rare auparavant. Parfois, surtout en automne, des individus s’écartent des voies de migration traditionnelles : ainsi, en de rares occasions, on en a trouvé au lac Moosonee, en Ontario, ainsi que dans l’Est du Québec, au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse et aux Bermudes.

La migration vers le nord a lieu tôt au printemps, à partir des zones d’hibernation jusqu’aux zones de reproduction. La plupart du temps, les premiers Fuligules à dos blanc arrivent dans le Sud de l’Ontario à la fin de février et, dans le Sud du Manitoba, à la mi-avril.

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Alimentation

Le Fuligule à dos blanc se nourrit généralement en plongeant à une profondeur de deux à neuf mètres, mais il peut également barboter en eau peu profonde avec des canards de surface, en particulier le Canard d’Amérique. Son régime se compose à 80 p. 100 environ de plantes aquatiques, soit de potamot, de vallisnérie, de sagittaire à larges feuilles, de riz sauvage, de nénuphar jaune du Mexique et d’achillées millefeuilles, ou une espèce de plante aquatique à fleurs. Les proies animales du Fuligule à dos blanc comprennent des insectes, des mollusques, ou invertébrés marins protégés par des coquilles comme les escargots, et divers poissons. Il se nourrit surtout le jour, mais parfois aussi la nuit.

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Reproduction

Vers la mi-février, la parade nuptiale a déjà commencé. Ordinairement, plusieurs mâles courtisent une ou deux femelles. Chez un mâle, le plumage vif aide à attirer une compagne. Le mâle qui fait sa cour rejette la tête vers l’arrière jusqu’à ce que la calotte touche presque les plumes de la queue, puis la ramène vers l’avant en faisant entendre un roucoulement rappelant presque le cri de la tourterelle : ic-ic-coûoû. La femelle répond par un caquètement grave : couk-couk. À d’autres occasions, le mâle en chaleur étire le cou et le plie momentanément vers l’avant.

Les Fuligules à dos blanc ne s’accouplent pas pour la vie. Les couples se forment à la fin de l’hiver ou durant la migration, au début du printemps. À leur arrivée à destination, la femelle conduit le mâle au site du nid, qui se trouve souvent à proximité du lieu où elle est née. L’espèce niche tard, généralement vers la fin mai, au Manitoba, en Saskatchewan et en Alberta.

Le nid est souvent construit près de l’eau libre dans les petits fonds de grands bourbiers, ou zones marécageuses, parmi les quenouilles et les roseaux. Il s’agit d’une structure grossière faite de roseaux et de rouches, et garnie d’un duvet brun terne que la femelle s’arrache du corps. Au cours de l’incubation, ou du réchauffement des œufs jusqu’à l’éclosion, le duvet s’épaissit jusqu’à former une couche isolante avec laquelle la femelle couvre les œufs lorsqu’elle doit s’éloigner du nid.

Dès que les femelles ont pondu de sept à neuf œufs, les mâles les désertent et s’assemblent en grandes troupes sur les lacs et les grands bourbiers pour muer, ou perdre leur plumage. Pendant deux semaines, dépourvus de leurs rémiges, ils sont incapables de voler pour échapper aux prédateurs. Leur plumage ayant changé de couleur, ils ressemblent aux femelles, ce qui leur assure un meilleur mimétisme en attendant que poussent les nouvelles rémiges.

La lourde responsabilité de couver les œufs et d’élever les petits échoit aux femelles : celles qui ont moins de cinq ans perdent souvent leur couvée ou leur nichée. Les œufs olive grisâtre ou chamois verdâtre doivent être couvés pendant 24 à 28 jours. Un jour ou deux après l’éclosion des œufs, les canetons doivent être menés en toute sécurité à l’eau libre où ils trouveront eux-mêmes leur nourriture, généralement des plantes à la dérive. Les petits n’ont pas de plumes avant la cinquième semaine environ et sont incapables de voler avant onze semaines, en moyenne.

À la fin de l’été, les femelles et les jeunes rejoignent les mâles. Les liens familiaux sont rompus au début de l’automne, et les jeunes peuvent ou non accompagner leurs parents en migration.

La longévité de l’espèce est peu connue, mais on a signalé des individus de 10 et de 19 ans.

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Ressources

Ressources en ligne

Cornell University Laboratory of Ornithology (en anglais seulement)

National Audubon Society (en anglais seulement)

Ressources imprimées

GODFREY, W. E. Les oiseaux du Canada, éd. rév., Musées nationaux du Canada, réimprimé en 1989, La Prairie (Québec), Éditions Marcel Broquet, en collaboration avec le Musée national des sciences naturelles, 1986.

SURPRENANT, M. Les oiseaux aquatiques du Québec, de l’Ontario et des Maritimes, Waterloo (Québec), Éditions Michel Quintin, 1993.


© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, représentée par le ministre de l’Environnement, 1975, 1994. Tous droits réservés.
No de catalogue CW69-4/48-1994F
ISBN 0-662-99451-5
Texte : R.M. Alison
Révision scientifique : J.S. Wendt, 1994
Photo : G.W. Beyersbergen