{"id":3433,"date":"2011-10-05T18:05:00","date_gmt":"2011-10-05T18:05:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.hww.ca\/espaces-sauvages\/les-terres-humides\/"},"modified":"2024-11-28T19:08:57","modified_gmt":"2024-11-28T19:08:57","slug":"les-terres-humides","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.hww.ca\/fr\/espaces-sauvages\/les-terres-humides\/","title":{"rendered":"Les terres humides"},"content":{"rendered":"<h1>Les terres humides<\/h1>\n<p><span class=\"normal\">Les terres humides :<\/span><\/p>\n<ul>\n<li>peuvent \u00eatre des \u00e9tangs, des marais, des mar\u00e9cages ou des tourbi\u00e8res; chaque terre humide comporte ses caract\u00e9ristiques particuli\u00e8res<\/li>\n<li>agissent comme des \u00e9ponges g\u00e9antes en absorbant la pluie et la neige fondue et en laissant l\u2019eau s\u2019\u00e9vaporer lentement pendant les saisons plus s\u00e8ches; elles r\u00e9duisent ainsi le risque d\u2019inondation et temp\u00e8rent les effets de la s\u00e9cheresse<\/li>\n<li>constituent l\u2019habitat, du moins pour une partie de l\u2019ann\u00e9e, de nombreux poissons, oiseaux et autres animaux; sans les terres humides, certaines esp\u00e8ces sauvages dispara\u00eetraient<\/li>\n<li>sont d\u00e9truites partout au pays par les secteurs industriel, commercial et agricole ainsi que par notre soif de \u00ab qualit\u00e9 de vie \u00bb<\/li>\n<\/ul>\n<h2>Qu\u2019est -ce qu\u2019une terre humide?<\/h2>\n<div class=\"image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.hww.ca\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/WETL-1.jpg\" alt=\"Les terres humides\" border=\"0\" \/><\/div>\n<div class=\"image\"><strong>Photo du Service canadien de la faune<\/strong><\/div>\n<p>Le Canada est renomm\u00e9 pour ses lacs et ses rivi\u00e8res innombrables, mais les d\u00e9pliants touristiques mentionnent rarement ses marais, ses mar\u00e9cages et ses tourbi\u00e8res ou les nombreux petits \u00e9tangs ou mare vaseuse que l\u2019on trouve \u00e0 maints endroits au pays. On appelle ces endroits les terres humides \u2014 une richesse pr\u00e9cieuse mais menac\u00e9e du patrimoine canadien.<\/p>\n<p>Une terre humide, c\u2019est tout simplement un espace recouvert durant une partie du jour ou de l\u2019ann\u00e9e par une \u00e9tendue d\u2019eau. Il y a deux sortes de terres humides : celles d\u2019eaux douces et celles d\u2019eaux sal\u00e9es. Les limites des terres humides d\u2019eau douce sont g\u00e9n\u00e9ralement \u00e9tablies au printemps, alors que le niveau de l\u2019eau est \u00e0 son plus haut \u00e0 cause de la fonte des neiges et des inondations. De telles \u00e9tendues d\u2019eau diminueront graduellement, parfois compl\u00e8tement, avec la s\u00e9cheresse de l\u2019\u00e9t\u00e9, l\u2019\u00e9vaporation et l\u2019infiltration. Toutefois, m\u00eame si une terre n\u2019est recouverte d\u2019eau que pendant une courte p\u00e9riode de l\u2019ann\u00e9e, elle constitue n\u00e9anmoins une terre humide.<\/p>\n<p>Les terres humides d\u2019eau sal\u00e9e, elles, sont g\u00e9n\u00e9ralement caus\u00e9es par les mar\u00e9es. Certaines subissent, deux fois par jour, un cycle d\u2019inondation et d\u2019ass\u00e8chement. D\u2019autres sont inond\u00e9es seulement par des mar\u00e9es particuli\u00e8rement hautes, qui montent \u00e0 des intervalles moins r\u00e9guliers.<\/p>\n<h2>O\u00f9 trouve-t-on les terres humides?<\/h2>\n<p>Au Canada, les terres humides sont partout. On en trouve le long du rivage des oc\u00e9ans, des lacs et des rivi\u00e8res, \u00e0 divers endroits dans les Prairies ainsi que dans les innombrables d\u00e9pressions mal drain\u00e9es du Bouclier canadien. Les deltas des cours d\u2019eau, les estuaires ainsi que les zones pr\u00e8s des baies et des ruisseaux peu profonds le long des c\u00f4tes canadiennes sont autant d\u2019endroits propices \u00e0 leur d\u00e9couverte.<\/p>\n<p>Les marais du bassin des Grands Lacs qui longent le lac Sainte-Claire ainsi que le lac \u00c9ri\u00e9 et qui se trouvent le long des rivages du Saint-Laurent sont des terres humides mieux connues. De grandes \u00e9tendues de terres humides se trouvent dans le delta des rivi\u00e8res de la Paix et Athabasca dans le Nord de l\u2019Alberta de m\u00eame que dans le delta de la rivi\u00e8re Saskatchewan et celui de la rivi\u00e8re Rouge au Manitoba. Les tourbi\u00e8res de Terre-Neuve-et-Labrador et de l\u2019\u00eele de Vancouver ainsi que les larges zones de muskeg du Nord du Canada sont aussi des lieux reconnus.<\/p>\n<p>Les vastes zones c\u00f4ti\u00e8res de la baie d\u2019Hudson et de la baie James, les marais de Kamouraska au Qu\u00e9bec, de Tintamarre au Nouveau\u2011Brunswick, et l\u2019estuaire du fleuve Fraser en Colombie-Britannique sont parmi les terres humides d\u2019eau sal\u00e9e les mieux connues.<\/p>\n<p>Par contre, aucune zone de terres humides n\u2019est plus remarquable que celle de la r\u00e9gion des cuvettes des Prairies. Cette r\u00e9gion repr\u00e9sente une zone d\u2019environ 750 000 km<sup>2<\/sup> qui englobe le Sud de l\u2019Alberta, de la Saskatchewan et du Manitoba.<\/p>\n<p>Cette vaste r\u00e9gion est creus\u00e9e par des millions de d\u00e9pressions qui varient consid\u00e9rablement de taille et de profondeur. Au printemps, celles-ci se remplissent de l\u2019eau provenant de la fonte des neiges et de la pluie. Parmi les plus larges, certaines forment des lacs ou d\u2019autres plans d\u2019eau permanents. En revanche, les plus petites d\u00e9pressions deviennent une multitude de bourbiers et de cuvettes temporaires dont beaucoup s\u2019ass\u00e8cheront en quelques semaines.<\/p>\n<h2>Types de terres humides<\/h2>\n<div class=\"image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.hww.ca\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/WETL3-1.jpg\" alt=\"Famille dans des terres humides sur une promenade de bois\" border=\"0\" \/><\/div>\n<div class=\"image\">Photo du Service canadien de la faune<\/div>\n<p>Il existe quatre types principaux de terres humides : les \u00e9tangs, les marais, les mar\u00e9cages et les tourbi\u00e8res. Chacune comporte ses propres caract\u00e9ristiques.<\/p>\n<p><em>L\u2019\u00e9tang<\/em> consiste en un bassin bien d\u00e9fini occup\u00e9 par de l\u2019eau stagnante et qui n\u2019est envahi par la v\u00e9g\u00e9tation qu\u2019en p\u00e9riph\u00e9rie. Il est principalement aliment\u00e9 par la pluie et la fonte des neiges, puis il perd son eau par infiltration, \u00e9vaporation directe et transpiration des plantes. Au cours de l\u2019\u00e9t\u00e9, une portion de l\u2019\u00e9tang peut s\u2019ass\u00e9cher, laissant ainsi appara\u00eetre des vasi\u00e8res. Les eaux peu profondes de l\u2019\u00e9tang permettent aux n\u00e9nuphars et aux autres plantes poussant dans le fond des cours d\u2019eau d\u2019atteindre la surface, tandis que les herbes \u00e0 dindes, les potamots et les autres plantes submerg\u00e9es croissent sous l\u2019eau.<\/p>\n<p>Le <em>marais<\/em> est sujet \u00e0 des inondations p\u00e9riodiques, particuli\u00e8rement s\u2019il est situ\u00e9 pr\u00e8s d\u2019une rivi\u00e8re ou d\u2019un lac, ou encore, s\u2019il s\u2019agit d\u2019un marais sal\u00e9, situ\u00e9 pr\u00e8s des eaux de mar\u00e9e. Par cons\u00e9quent, le niveau de l\u2019eau peut changer de fa\u00e7on tr\u00e8s marqu\u00e9e. Les limites du marais ne sont pas aussi bien d\u00e9finies que celles de l\u2019\u00e9tang. Un marais peut aussi s\u2019ass\u00e9cher compl\u00e8tement avant la fin de l\u2019\u00e9t\u00e9. Un marais est un lieu envahi d\u2019herbes grossi\u00e8res, de carex et de joncs.<\/p>\n<p>Les cuvettes remplies d\u2019eau et les bourbiers des Prairies peuvent ressembler aux \u00e9tangs et aux marais selon leurs caract\u00e9ristiques et l\u2019endroit particulier o\u00f9 ils se trouvent.<\/p>\n<p>Un <em>mar\u00e9cage<\/em> est essentiellement un marais bois\u00e9, une zone gorg\u00e9e alimentant des arbres, des arbrisseaux des herbes et de la mousse. De l\u2019eau stagnante ou coulant tout doucement couvre une grande partie de la surface pendant la saison o\u00f9 les pluies sont abondantes.<\/p>\n<p>Une <em>tourbi\u00e8re<\/em> est une zone mal drain\u00e9e tapiss\u00e9e de mousse. La mousse se d\u00e9compose lentement en couches successives et finit par se transformer en tourbe. Il existe deux sortes de tourbi\u00e8res : les tourbi\u00e8res ombrotrophes et les tourbi\u00e8res min\u00e9rotrophes. Le sol et l\u2019eau des tourbi\u00e8res ombrotrophes sont plus acides que ceux des tourbi\u00e8res min\u00e9rotrophes parce que leur d\u00e9composition et la formation de tourbe sont plus avanc\u00e9es. La mousse la plus commune \u00e0 la surface des tourbi\u00e8res ombrotrophes est la sphaigne. D\u2019autres plantes poussant dans les tourbi\u00e8res ombrotrophes sont les carex et les arbustes de la famille des \u00e9ricac\u00e9es. On y trouve m\u00eame parfois des arbres tels que l\u2019\u00e9pinette.<\/p>\n<p>Dans les tourbi\u00e8res min\u00e9rotrophes, le carex constitue la v\u00e9g\u00e9tation pr\u00e9dominante et la sphaigne y est rare, bien que certaines mousses qui requi\u00e8rent des conditions moins acides puissent y pousser. Les tourbi\u00e8res min\u00e9rotrophes sont aussi couvertes de roseaux, de gramin\u00e9es et d\u2019arbustes de tailles petites et moyennes. De plus, \u00e0 l\u2019occasion, on aper\u00e7oit quelques arbres dispers\u00e9s \u2014 du m\u00e9l\u00e8ze ou du thuya. Dans le Nord du Canada, une vaste \u00e9tendue de tourbi\u00e8re ombrotrophe ou de tourbi\u00e8re min\u00e9rotrophe est appel\u00e9e muskeg.<\/p>\n<h2>\u00c0 quoi servent les terres humides?<\/h2>\n<p>Il est facile de consid\u00e9rer les terres humides comme des terrains presque inutilisables ou de peu de valeur. On ne construit pas de maisons ou d\u2019usines dans les mar\u00e9cages, les tourbi\u00e8res ombrotrophes ou les marais et on ne s\u00e8me pas de bl\u00e9 ou d\u2019autres cultures dans les terres submerg\u00e9es. Les terres humides se pr\u00eatent difficilement \u00e0 la navigation ou \u00e0 la nage \u2014 en fait, elles se pr\u00eatent difficilement \u00e0 la plupart des activit\u00e9s anthropiques (c.-\u00e0-d. li\u00e9es aux humains).<\/p>\n<p>Il n\u2019est donc pas surprenant que plusieurs personnes cherchent \u00e0 \u00ab\u00a0r\u00e9cup\u00e9rer\u00a0\u00bb les terres humides en vue de les drainer ou de les remplir. Mais ce serait une grave erreur de le faire.<\/p>\n<p>Les terres humides agissent comme des \u00e9ponges g\u00e9antes. Elles absorbent la pluie et la neige fondue et laissent l\u2019eau s\u2019\u00e9vaporer graduellement pendant les saisons plus s\u00e8ches. Ainsi, elles aident \u00e0 r\u00e9duire les risques d\u2019inondation et temp\u00e8rent les pires effets de la s\u00e9cheresse. Le drainage des \u00e9tangs et des bourbiers abaisse le plus souvent la surface de la nappe d\u2019eau et ass\u00e8chent les puits. Les terres humides r\u00e9duisent aussi l\u2019\u00e9rosion du sol en r\u00e9gularisant ou en ralentissant l\u2019\u00e9coulement de surface provoqu\u00e9 par les orages ou les d\u00e9gels.<\/p>\n<p>Sans les terres humides, nous ne disposerions plus de r\u00e9serves d\u2019eau potable. Un peu comme les reins du corps humain, les terres humides filtrent les eaux des lacs, des fleuves ainsi que des rivi\u00e8res et r\u00e9duisent leur taux de pollution. La v\u00e9g\u00e9tation des terres humides \u00e9limine le phosphate et d\u2019autres \u00e9l\u00e9ments nutritifs v\u00e9g\u00e9taux provenant des sols avoisinants, ce qui ralentit la croissance des algues et des herbes aquatiques. Cette croissance cause de graves probl\u00e8mes dans certaines des principales voies navigables du Canada o\u00f9 les algues mortes ou en d\u00e9composition privent les eaux profondes de leur oxyg\u00e8ne.<\/p>\n<p>Les terres humides constituent l\u2019habitat, du moins pour une partie de l\u2019ann\u00e9e, de nombreux <a href=\"https:\/\/www.hww.ca\/fr\/faune\/poissons-amphibiens-reptiles\/\">poissons<\/a>, <a href=\"https:\/\/www.hww.ca\/fr\/faune\/oiseaux\/\">oiseaux<\/a> et autres animaux. Elles r\u00e9pondent \u00e0 leurs besoins essentiels en mati\u00e8re de reproduction, de nidification, de croissance et d\u2019alimentation. Sans les terres humides, certaines esp\u00e8ces sauvages dispara\u00eetraient.<\/p>\n<p>Les terres humides contribuent \u00e0 la croissance et \u00e0 l\u2019\u00e9conomie du Canada. Certains des plus petits <a href=\"https:\/\/www.hww.ca\/fr\/faune\/mammiferes\/\">mammif\u00e8res<\/a>, comme le <a href=\"https:\/\/www.hww.ca\/fr\/faune\/mammiferes\/le-castor.html\">castor<\/a> et le <a href=\"https:\/\/www.hww.ca\/fr\/faune\/mammiferes\/le-rat-musque.html\">rat musqu\u00e9<\/a>, qui demeurent dans les terres humides, sont importants pour le commerce des fourrures. De plus, les millions d\u2019oiseaux consid\u00e9r\u00e9s comme gibier et de poissons qui se d\u00e9veloppent dans les terres humides du pays et autour de ces terres alimentent un secteur du loisir et du tourisme en plein essor.<\/p>\n<h2>Maintenir la vie<\/h2>\n<div class=\"image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.hww.ca\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/WETL4-1.jpg\" alt=\"Tortues prenant un bain de soleil dans des terres humides\" border=\"0\" \/><\/div>\n<div class=\"image\">Photo du Service canadien de la faune<\/div>\n<h3>Cr\u00e9atures grandes et petites<\/h3>\n<p>Un r\u00e9pertoire des esp\u00e8ces sauvages des terres humides dresserait la liste de nombreux organismes vivants, class\u00e9s selon leur taille depuis le microscopique protozoaire unicellulaire jusqu\u2019au colossal <a href=\"https:\/\/www.hww.ca\/fr\/faune\/mammiferes\/l-orignal.html\">orignal<\/a>. Certains d\u2019entre eux naissent et demeurent leur vie enti\u00e8re dans les terres humides; d\u2019autres n\u2019y passent que quelques heures par jour ou qu\u2019une partie de leur vie.<\/p>\n<p>Les terres humides repr\u00e9sentent la totalit\u00e9 du monde pour de nombreuses esp\u00e8ces de salamandres, de serpents et de couleuvres, de tortues et d\u2019insectes aquatiques. D\u2019autres esp\u00e8ces, comme les grenouilles, les crapauds et les rainettes se reproduisent dans des \u00e9tangs et des marais temporaires, mais passent la plus grande partie de leur vie adulte dans les milieux secs avoisinants. Les poissons, comme les \u00e9pinoches et les brochets, vont dans les marais pour y frayer et se nourrissent dans les eaux peu profondes.<\/p>\n<p>Parmi les plus petits mammif\u00e8res vivant \u00e0 proximit\u00e9 des marais, on trouve les musaraignes, les <a href=\"https:\/\/www.hww.ca\/fr\/faune\/mammiferes\/les-lemmings.html\">lemmings<\/a>, les campagnols, les <a href=\"https:\/\/www.hww.ca\/fr\/faune\/mammiferes\/le-rat-musque.html\">rats musqu\u00e9s<\/a> et les <a href=\"https:\/\/www.hww.ca\/fr\/faune\/mammiferes\/le-castor.html\">castors<\/a>. On y compte aussi certains pr\u00e9dateurs comme les visons, les loutres, les lynx roux, l\u2019insaisissable <a href=\"https:\/\/www.hww.ca\/fr\/faune\/mammiferes\/le-couguar.html\">couguar<\/a> et le renard gris.<\/p>\n<p>Cependant, les terres humides repr\u00e9sentent un tr\u00e9sor pour les oiseaux en particulier. Plus de 100 esp\u00e8ces habitent ou utilisent les marais, les mar\u00e9cages et les bourbiers du Canada. Certaines, comme le Bruant des marais et le Troglodyte des marais, nichent presque exclusivement \u00e0 cet endroit. Des millions de canards, d\u2019oies, de mouettes et go\u00e9lands et d\u2019autres oiseaux aquatiques y nichent aussi, s\u2019y reproduisent et s\u2019y nourrissent, \u00e0 l\u2019instar d\u2019innombrables \u00e9chassiers et oiseaux de rivage comme les h\u00e9rons, les butors, les r\u00e2les et les b\u00e9casseaux.<\/p>\n<p>Les martins\u2011p\u00eacheurs, les strigid\u00e9s, les Balbuzards p\u00eacheurs et d\u2019autres pr\u00e9dateurs se nourrissent dans les terres humides. Des oiseaux, comme le <a href=\"https:\/\/www.hww.ca\/fr\/faune\/oiseaux\/le-canard-colvert.html\">Canard colvert<\/a> et la sarcelle, utilisent les terres humides pendant la mue parce que les zones mar\u00e9cageuses forment un excellent couvert de fuite. Les Grues du Canada, les oies et bernaches et les <a href=\"https:\/\/www.hww.ca\/fr\/faune\/oiseaux\/le-cygne-siffleur.html\">Cygnes siffleurs<\/a> se posent sur les marais pendant leur migration pour se reposer, se nourrir et pour reprendre des forces.<\/p>\n<h3>Des eaux grouillantes de vie<\/h3>\n<p>Les terres humides sont riches en \u00e9l\u00e9ments nutritifs et grouillent de plus d\u2019organismes vivants que la plupart des gens le croient. Des milliards d\u2019algues microscopiques et d\u2019autres plantes plus grandes croissent et fleurissent dans les eaux peu profondes et consomment l\u2019\u00e9nergie du soleil pour produire et reproduire leur substance. Elles servent de nourriture \u00e0 d\u2019innombrables formes de vie animale et, \u00e0 leur tour, ces organismes vivants sont souvent mang\u00e9s par les oiseaux ou par d\u2019autres animaux.<\/p>\n<p>Les bact\u00e9ries et les champignons op\u00e8rent partout o\u00f9 ils se trouvent; ils d\u00e9gradent les plantes mortes et les tissus des animaux, puis lib\u00e8rent des \u00e9l\u00e9ments nutritifs qui seront eux aussi utilis\u00e9s. Dans les rivi\u00e8res, les ruisseaux et la plupart des lacs, le flot constant de l\u2019eau \u00e9vacue beaucoup de ces nutriments. Cependant dans les marais, les bourbiers et les autres terres humides, les nutriments ont tendance \u00e0 rester et \u00e0 s\u2019accumuler. Dans les r\u00e9gions du Nord, o\u00f9 les niveaux de l\u2019eau sont relativement stables, les nutriments sont souvent emprisonn\u00e9s dans les s\u00e9diments des fonds marins; en revanche, dans les r\u00e9gions du Sud du pays, ceux\u2011ci sont lib\u00e9r\u00e9s chaque ann\u00e9e lors des inondations du printemps. C\u2019est une des raisons pour lesquelles les terres humides des r\u00e9gions du Sud du Canada sont si productives et qu\u2019elles attirent tant de formes de vie sauvage.<\/p>\n<p>Les s\u00e9diments des fonds marins sont compos\u00e9s de mati\u00e8re d\u00e9compos\u00e9e, de minuscules fragments de coquillages et d\u2019autres restes semblables d\u00e9pos\u00e9s sur une couche de sol organique et min\u00e9ral. Sous cette couche, se trouve une autre couche d\u2019argile ou d\u2019une autre substance imperm\u00e9able. Parmi les r\u00e9sidents des fonds marins, on compte les escargots et les larves d\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8res. Ils se nourrissent de mati\u00e8res en d\u00e9composition et de bact\u00e9ries et, \u00e0 leur tour, sont une importante source de nourriture pour de nombreux canards et d\u2019autres animaux.<\/p>\n<p>De m\u00eame, les larves nageuses des libellules et des demoiselles, qui sont elles\u2011m\u00eames des pr\u00e9dateurs pour les daphnies, les branchipes, les larves de <a href=\"https:\/\/www.hww.ca\/fr\/faune\/invertebres\/le-moustique.html\">moustiques<\/a> et d\u2019autres minuscules organismes. D\u2019autres nageurs, comme les hydrachnid\u00e9s, sont souvent la proie des dytiques et des l\u00e9thoc\u00e8res.<\/p>\n<p>Le cycle d\u2019inondation et de s\u00e9cheresse des terres humides tranforment la vie des plantes et des animaux qui y sont associ\u00e9s. L\u2019abaissement des niveaux d\u2019eau attirent des communaut\u00e9s moins complexes constitu\u00e9es de moins d\u2019esp\u00e8ces \u00e0 mesure que la v\u00e9g\u00e9tation du marais dispara\u00eet et que de nombreux oiseaux et d\u2019autres animaux s\u2019en vont. L\u2019augmentation des niveaux d\u2019eau entra\u00eene aussi une mortalit\u00e9 massive de certains scirpes et d\u2019autres plantes. De tels changements au sein de la v\u00e9g\u00e9tation ont des r\u00e9percussions sur les esp\u00e8ces sauvages qui d\u00e9pendent des terres humides.<\/p>\n<h2>Une ressource menac\u00e9e<\/h2>\n<p>Les changements naturels et r\u00e9versibles des terres humides sont minimes si on les compare aux perturbations caus\u00e9es par l\u2019interf\u00e9rence humaine. Les travaux de dragage dans un \u00e9tang peuvent en faire un lieu inadapt\u00e9 pour des oiseaux qui ont besoin des eaux peu profondes. Le drainage ou le remplissage des terres humides d\u00e9truit de fa\u00e7on permanente des communaut\u00e9s enti\u00e8res de plantes et de faune. Incendier ou raser ces terres, d\u00e9truisant ainsi les herbes ou les halliers environnants ou encore d\u2019autres v\u00e9g\u00e9tations, \u00e9limine, du moins temporairement, les lieux vitaux propices \u00e0 la nidification et servant de couvert de fuite. Construire une route \u00e0 travers un marais c\u00f4tier ou am\u00e9nager un petit quai dans une zone de marais au bord d\u2019un lac pour y amarrer une chaloupe est \u00e9galement dommageable.<\/p>\n<p>La pollution de l\u2019air et de l\u2019eau sont de graves probl\u00e8mes. Les insecticides, les pesticides et les d\u00e9chets industriels causent de lourds ravages chez les plantes, les poissons et les autres esp\u00e8ces sauvages.<\/p>\n<p>Cette destruction s\u00e9vit partout au pays \u00e0 mesure que les secteurs industriel, commercial et agricole ainsi que notre soif de \u00ab qualit\u00e9 de vie \u00bb continuent d\u2019engloutir les terres humides. Dans le Sud\u2011Ouest de l\u2019Ontario, les marais longeant le lac Sainte\u2011Claire sont r\u00e9duits \u00e0 une fraction de ce qu\u2019ils \u00e9taient auparavant. Dans les Prairies, des millions d\u2019hectares ont \u00e9t\u00e9 drain\u00e9s et labour\u00e9s \u2014 ce qui non seulement d\u00e9truit l\u2019habitat des esp\u00e8ces sauvages, mais \u00e9galement abaisse souvent le niveau de la nappe phr\u00e9atique. Partout, les tourbi\u00e8res ombrotrophes et les autres terres humides sont consid\u00e9r\u00e9es comme le d\u00e9potoir id\u00e9al pour se d\u00e9barraser de d\u00e9chets et d\u2019autres r\u00e9sidus.<\/p>\n<p>Les naturalistes, les \u00e9cologistes et beaucoup d\u2019autres personnes sont pr\u00e9occup\u00e9s par cette tendance. De plus, des millions d\u2019autres se rendent compte que ce genre \u00ab d\u2019\u00e9volution \u00bb menace le monde d\u2019appauvrissement. Pourrions\u2011nous jouir d\u2019une v\u00e9ritable qualit\u00e9 de vie dans un pays sans espace sauvage et sans esp\u00e8ces sauvages?<\/p>\n<h2>Que pouvons-nous faire ?<\/h2>\n<p>Changer la mentalit\u00e9 du public constitue la premi\u00e8re \u00e9tape essentielle de conservation des terres humides du Canada. Il faut chasser ces fausses repr\u00e9sentations voulant que les terres humides soient des terres inutilisables, et aider les autres intervenants \u00e0 en faire de m\u00eame. Puis, il faut aussi soutenir les efforts du gouvernement, des groupes de conservation et des autres organismes pour conserver ces importantes ressources.<\/p>\n<p>Tous les palliers de gouvernement ont un r\u00f4le important \u00e0 jouer \u2014 par exemple, par l\u2019acquisition de terres humides pour en faire des parcs, des refuges ou des r\u00e9serves. \u00c0 l\u2019\u00e9chelon f\u00e9d\u00e9ral, dans une certaine mesure, le Service canadien de la faune \u0153uvre d\u00e9j\u00e0 dans cette optique \u00e0 l\u2019aide de son programme d\u2019habitat et par la cr\u00e9ation de r\u00e9serves nationales de faune partout au pays. Les terres humides peuvent aussi \u00eatre prot\u00e9g\u00e9es par les r\u00e8glements provinciaux, par le zonage municipal ainsi que par des indemnisations, des all\u00e9gements fiscaux et d\u2019autres incitatifs destin\u00e9s aux agriculteurs et aux propri\u00e9taires fonciers.<\/p>\n<p>Les simples citoyens peuvent aussi faire quelque chose, \u00e0 titre personnel ou \u00e0 titre de membres de clubs philanthropiques, de groupes vou\u00e9s \u00e0 la conservation et d\u2019autres organismes. Communiquez avec votre bureau r\u00e9gional du Service canadien de la faune pour obtenir plus de renseignements sur les terres humides et les organismes de votre r\u00e9gion qui \u0153uvrent \u00e0 la conservation de ces pr\u00e9cieux habitats.<\/p>\n<div class=\"image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.hww.ca\/wp-content\/uploads\/2011\/11\/WETL2-1.jpg\" alt=\"Enfants jouant dans un milieu humide\" border=\"0\" \/><\/div>\n<div class=\"image\">Photo du Service canadien de la faune<\/div>\n<p>Les propri\u00e9taires fonciers peuvent faire don de leur terres humides au gouvernement ou \u00e0 des organismes priv\u00e9s pour venir en aide \u00e0 la conservation de l\u2019habitat. D\u2019autres citoyens peuvent mettre en commun leurs ressources pour louer ou acheter ces terres et ainsi prot\u00e9ger les terres humides ou encore commanditer ou soutenir les programmes de sensibilisation du public qu\u2019il est grandement n\u00e9cessaire de mettre en place. Pour ralentir le mouvement en faveur du drainage et de l\u2019exploitation des terres humides, il faut promouvoir une utilisation intelligente des terres servant \u00e0 l\u2019agriculture ou \u00e0 d\u2019autres fins.<\/p>\n<p>Des agriculteurs d\u00e9brouillards ont appris \u00e0 utiliser les terres humides sans les d\u00e9truire. \u00c0 certains endroits, la pisciculture dans les bourbiers ou les marais est une entreprise rentable.<\/p>\n<p>Il est aussi possible de remettre en \u00e9tat les terres humides ou d\u2019en cr\u00e9er de nouvelles. La Federation of Ontario Naturalists, \u00e0 Toronto, a publi\u00e9 les instructions permettant de construire un marais. En maints endroits, construire un \u00e9tang priv\u00e9 n\u2019est pas plus difficile que de creuser une piscine.<\/p>\n<p>Il est plus facile de prot\u00e9ger une terre humide que de la remettre en \u00e9tat ou d\u2019en cr\u00e9er une autre plus tard. Et qui sait, \u00ab plus tard \u00bb sera peut\u2011\u00eatre trop tard.<\/p>\n<h3>Programme des dons \u00e9cologiques<\/h3>\n<p>Depuis 1995, le Programme des dons \u00e9cologiques du Canada encourage les propri\u00e9taires fonciers \u00e0 conserver les terres \u00e9cosensibles en faisant le don de ces terres \u00e0 des b\u00e9n\u00e9ficiaires admissibles. Les donateurs savent qu\u2019on prendra soin de leur terre et qu\u2019ils b\u00e9n\u00e9ficieront d\u2019importantes \u00e9conomies d\u2019imp\u00f4ts. Pour obtenir plus de renseignements, visitez le site : <a href=\"http:\/\/www.scf-cws.ec.gc.ca\/ecogifts\/intro_f.cfm\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">www.scf-cws.ec.gc.ca\/ecogifts\/intro_f.cfm<\/a> ou composez le 1 800 668-6767.<\/p>\n<h2>Ressources<\/h2>\n<h3>Ressources imprim\u00e9es<\/h3>\n<p>ENVIRONNEMENT CANADA. UNIVERSIT\u00c9 LAVAL ET CENTRE SAINT-LAURENT. <em>Atlas environnemental du Saint-Laurent : Les milieux humides<\/em>.<em> Des habitats au contact de la terre et de l\u2019eau<\/em>, Montr\u00e9al (Qu\u00e9bec), Collection Bilan Saint-Laurent, 1991.<\/p>\n<p>ENVIRONNEMENT CANADA. DIRECTION DES TERRES. <em>Les milieux humides au Canada : une ressource \u00e0 conserver<\/em>, feuillets d\u2019information 86-4, Ottawa, 1986.<\/p>\n<p>ENVIRONNEMENT CANADA. DIRECTION DE LA CONSERVATION DES TERRES. SERVICE CANADIEN DE LA FAUNE. GROUPE DE TRAVAIL NATIONAL SUR LES TERRES HUMIDES. <em>Le syst\u00e8me de classification des terres humides du Canada<\/em>, s\u00e9rie de la classification \u00e9cologique des terres, n\u00ba 21, Ottawa, 1987.<\/p>\n<p>ENVIRONNEMENT CANADA. DIRECTION DU D\u00c9VELOPPEMENT DURABLE. GROUPE DE TRAVAIL NATIONAL SUR LES TERRES HUMIDES. <em>Terres humides du Canada<\/em>, Montr\u00e9al, Polyscience Publications, s\u00e9rie de la classification \u00e9cologique des terres n\u00ba 24, 1988.<\/p>\n<p>UQCN. <em>Les milieux humides du Qu\u00e9bec : des sites prioritaires \u00e0 prot\u00e9ger<\/em>, \u00c9ditions Franc-Nord, Suppl\u00e9ment \u00e0 la revue Franc-Nord, N\u00b0 d\u2019automne 1988, Charlesbourg (Qu\u00e9bec).<\/p>\n<p>\u00a9 Sa Majest\u00e9 la Reine du chef du Canada, 1980, 1989 repr\u00e9sent\u00e9e par le ministre de l\u2019Environnement. R\u00e9imprim\u00e9 avec corrections en 1993. Tous droits r\u00e9serv\u00e9s.<br \/>\nN<sup>o<\/sup> de catalogue : CW69-4\/75F<br \/>\nISBN 0-662-95269-3<br \/>\nPhoto : Service canadien de la faune<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les terres humides Les terres humides : peuvent \u00eatre des \u00e9tangs, des marais, des mar\u00e9cages ou des tourbi\u00e8res; chaque terre humide comporte ses caract\u00e9ristiques particuli\u00e8res agissent comme des \u00e9ponges g\u00e9antes en absorbant la pluie et la neige fondue et en laissant l\u2019eau s\u2019\u00e9vaporer lentement pendant les saisons plus s\u00e8ches; elles r\u00e9duisent ainsi le risque d\u2019inondation [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":660,"parent":2256,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"_acf_changed":false,"_relevanssi_hide_post":"","_relevanssi_hide_content":"","_relevanssi_pin_for_all":"","_relevanssi_pin_keywords":"","_relevanssi_unpin_keywords":"","_relevanssi_related_keywords":"","_relevanssi_related_include_ids":"","_relevanssi_related_exclude_ids":"","_relevanssi_related_no_append":"","_relevanssi_related_not_related":"","_relevanssi_related_posts":"","_relevanssi_noindex_reason":"","footnotes":""},"class_list":["post-3433","page","type-page","status-publish","has-post-thumbnail","hentry"],"acf":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v24.0 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>Les terres humides - Faune et Flore du Pays<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/www.hww.ca\/fr\/espaces-sauvages\/les-terres-humides\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"fr_FR\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Les terres humides - Faune et Flore du Pays\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"Les terres humides Les terres humides : peuvent \u00eatre des \u00e9tangs, des marais, des mar\u00e9cages ou des tourbi\u00e8res; 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