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Le bison

Photo: Annette Hill

Bison

Au premier regard

Le bison
Le bison:
  • peut distinguer les odeurs à 3 km de distance 
  • utilisait autrefois les mêmes routes de migration dans les prairies, d’année en année; certaines de ces routes bien marquées sont encore visibles du haut des airs 
  • parcourait autrefois librement l’Amérique du Nord; on comptait entre 30 et 70 millions d’individus dans les années 1800 
  • est une espèce considérée « menacée » au Canada


Description

Le bison est le plus gros mammifère terrestre d’Amérique du Nord. Le mâle peut atteindre 2 m de hauteur et peser plus d’une tonne. La femelle est plus petite que le mâle.

Le bison a des cornes noires recourbées sur les côtés de la tête, une grosse bosse au niveau des épaules, une courte queue terminée par une touffe de longs poils et de longs poils épais brun foncé et noirs sur la tête et le cou. La barbe du bison est une autre de ses caractéristiques distinctives.

Il existe aujourd’hui deux sous-espèces de bison en Amérique du Nord : le bison des plaines (Bison bison bison) et le bison des bois (Bison bison athabascae).

L’illustration présente certaines caractéristiques que les biologistes recherchent pour identifier la sous-espèce à laquelle un bison appartient. En général, le bison des plaines est plus pâle que le bison des bois; ce dernier est plus grand, plus haut sur pattes et moins trapu que le bison des plaines, mais il est plus lourd.

Signes et sons

Pendant la période de rut, c.-à-d. la période de reproduction, qui va de juillet à la mi-septembre, les mâles se défient les uns les autres dans un rituel de rut, et leurs mugissements gutturaux s’entendent à des kilomètres, le jour comme la nuit.

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Habitat et habitudes

On sait qu’autrefois les bisons pouvaient parcourir plusieurs centaines de kilomètres pour profiter des plantes disponibles selon les saisons. Ces déplacements étaient les plus prononcés dans les prairies, où les grands troupeaux se déplaçaient sur de grandes distances le long de routes traditionnelles. Certaines de ces routes sont encore visibles du haut des airs sous forme de sentiers bien marqués creusés au fil des ans par des millions de sabots dans le sol des prairies. Par contraste, le bison des bois du Refuge de bisons du Mackenzie, dans les Territoires du Nord-Ouest, n’effectue que des déplacements locaux au cours de l’année entre les prairies dégagées et la forêt voisine, suivant des modes établis par la tradition.

La plupart des bisons vivent en troupeaux mixtes composés de mères, de nouveau-nés, de jeunes d’un an, de juvéniles et de quelques mâles adultes. Les autres mâles forment des troupeaux à eux seuls.

La saison la plus dangereuse pour le bison sauvage est le printemps en raison du dégel des lacs et des rivières. En effet, l’habitude des bisons de se tenir en groupes compacts présente relativement peu de dangers sur l’épaisse glace hivernale, mais se révèle souvent fatale au printemps : beaucoup de bisons mouraient noyés à l’époque des grands troupeaux. En un seul jour en 1795, un coureur des bois a compté 7 360 bisons morts dans un affluent de la rivière Rouge à l’ouest de Winnipeg. Au cours des dernières décennies, un nombre important de ces bêtes s’est noyé dans le parc national Wood Buffalo, dans la région du delta de la rivière de la Paix et de la rivière Athabasca.

À l’approche de l’été, le bison perd son épais pelage hivernal. Il faut deux mois au nouveau pelage pour apparaître. Dans l’intervalle, qui est en fait la pleine saison pour les mouches, le bison se vautre dans les marais ou la poussière pour échapper à celles-ci.

L’automne est la meilleure saison pour le bison. Il n’y a plus de mouches et les bêtes engraissent rapidement en préparation pour la longue saison froide. L’hiver pose peu de problèmes aux bisons : protégés du froid par leur épais manteau et par le pelage dense qui recouvre leurs organes vitaux, ils peuvent trouver les graminées et le carex dont ils se nourrissent en balayant la neige de coups de tête répétés. L’instinct les protège des tempêtes de neige : ils se déplacent face au vent plutôt que dans le vent, comme le bétail qui se retrouve parfois écrasé à mort contre une clôture.

Caractéristiques uniques

À l’époque des grands troupeaux, les bisons des plaines modifiaient considérablement l’écosystème des prairies, qui était leur habitat. Par exemple, les trous de poussière où ils se vautraient devenaient des étangs temporaires au printemps et hébergeaient des organismes à la recherche de l’eau comme les canetons et les grenouilles. De plus, le broutage stimulait la croissance de graminées qui prospèrent dans les plaines à herbes courtes. Enfin, l’intensité dubroutage et l’abondance des bouses ont pu contribuer fortement au développement des riches sols organiques des prairies.

Les troupeaux sont alertes et décèlent rapidement des changements dans leur milieu. Les bisons ont un odorat et une ouïe très développés; ils peuvent distinguer les odeurs à 3 km de distance.

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Aire de répartition

La répartition du bisonLa carte montre l’aire de répartition actuelle, historique et préhistorique de l’espèce.

Il y a 200 ans, le bison des plaines était de loin la sous-espèce la plus abondante. C’était le brouteur dominant de l’écosystème des plaines inférieures du continent, et il se nourrissait souvent en grands troupeaux. Une population plus petite vivait à l’est du Mississippi.

De nos jours, il reste relativement peu de bisons des plaines. On trouve un troupeau de quelque 600 individus dans les limites clôturées du parc national Elk Island, à 64 km à l’est d’Edmonton. Il y en a un petit nombre aux parcs nationaux de Prince-Albert en Saskatchewan, du Mont-Riding au Manitoba et des Lacs-Waterton en Alberta. Aux États-Unis, on compte au moins 25 troupeaux totalisant plus de 10 000 bisons des plaines dans les parcs nationaux et d’État et les réserves fauniques. On en trouve en outre plus de 140 000 dans des enclos appartenant à des particuliers ou dans de nombreux ranchs destinés à l’élevage commercial et situés au Canada et aux États-Unis.

Le bison des bois a toujours vécu au nord de son cousin des prairies. Il y a très longtemps, son aire de répartition couvrait le Nord de l’Alberta et les régions avoisinantes en Colombie-Britannique, dans les Territoires du Nord-Ouest et en Saskatchewan. Les troupeaux fréquentaient les tremblaies-parcs, les pentes orientales des Rocheuses, les basses-terres des rivières de la Paix et des Esclaves, ainsi que la forêt de conifères et les plaines marécageuses du Haut-Mackenzie. Le bison des bois n’a jamais été aussi abondant que le bison des plaines et n’aurait probablement jamais dépassé 170 000 individus.

En avril 1994, il y avait quelque 3 000 bisons des bois au Canada, la plupart au sein de cinq troupeaux « libres », dont le plus nombreux comptait plus de 2 000 individus dans le Refuge de bisons du Mackenzie, près de Fort Providence (Territoires du Nord-Ouest). Le troupeau d’origine, constitué dans le cadre du programme de rétablissement et qui compte 350 individus, se trouve au parc national Elk Island. L’effectif total est suffisamment faible pour que le bison des bois figure sur la liste des espèces « menacées » du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC)

L’autre grand troupeau libre de bisons se trouve dans le parc national Wood Buffalo sur la frontière des Territoires du Nord-Ouest et de l’Alberta, où vivent quelque 2 000 bisons, descendants d’un stock hybride de bisons des plaines et des bois.

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Alimentation

Le régime alimentaire du bison est semblable à celui du bœuf domestique. Le bison se nourrit de carex, de graminées et d’autres plantes herbacées. À l’époque des grands troupeaux, le bison des plaines exploitait diverses plantes indigènes, qui avaient une grande valeur nutritive. Dans le Nord, le bison des bois se nourrissait d’une grande variété de graminées et de plantes fourragères, mais surtout du carex de prairies, qui pousse dense sur les basses-terres et qui convient au bétail. En hiver, il mangeait également les pousses tendres des buissons des arbustaies.

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Reproduction

Pendant la période de reproduction, qui va de juillet à la mi-septembre, les troupeaux avancent nerveusement, et les mâles se défient mutuellement.

Les petits naissent surtout en mai ou en juin; chaque femelle donne naissance à un petit une année sur deux ou chaque année. Le nouveau-né est chamois et sa bosse au garrot n’est pas encore très nette. Les deux parents en prennent soin jusqu’à un certain point, mais peuvent l’abandonner à lui-même face au danger. Les jeunes gagnent rapidement en force et en adresse; dès l’automne, ils sont capables de tenir leur place dans le troupeau.

Le bison peut mettre huit ans avant d’atteindre l’âge adulte et peut vivre jusqu’à 20 ans dans la nature; certains individus ont survécu plus de 30 ans en captivité.

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Conservation

 Le bison

 Photo: iStockphoto.com/Rob Freeman

 

Il y a 200 ans, entre 30 et 70 millions de bisons parcouraient librement l’Amérique du Nord. Les Autochtones qui habitaient ces vastes étendues dépendaient de ces mammifères sauvages pour se nourrir, se vêtir et s’abriter.

À l’époque où le bison était encore abondant, les Autochtones des Plaines mangeaient sa viande et fabriquaient leurs vêtements et leurs tentes avec son cuir. Les chasseurs autochtones tiraient profit des comportements de fuite en désordre des troupeaux de bisons; ils les entraînaient vers leur mort en les poussant vers le haut des falaises ou vers les canyons. Ils pouvaient en tuer une cinquantaine ou une soixantaine à la fois de cette façon, car il leur était pratiquement impossible de séparer au préalable, de la masse compacte du troupeau, les quelques individus dont ils avaient besoin. Malgré tout, le bison demeurait abondant.

L’arrivée des colons européens a détruit ce mode de vie. À la fin des 1800, les chasseurs professionnels, les colons et les chercheurs de fortes sensations ont tué des millions de bisons. À cette époque de chasse illimitée, on a vu des troupeaux de bisons s’ensevelir dans la neige pour échapper aux chasseurs. Pris de panique devant leur ennemi, les troupeaux se jetaient également du haut des falaises ou se ruaient dans les marécages.

La destruction des grands troupeaux sauvages des prairies a conduit l’espèce aux limites de la disparition et a causé l’effondrement simultané de la civilisation des Autochtones des Plaines, ouvrant la voie à l’agriculture dans les prairies.

Depuis 1900 environ, la population de bisons en Amérique du Nord a augmenté, mais sans jamais s’approcher de l’effectif d’origine. Grâce à deux facteurs, soit la protection accordée par la loi interdisant la chasse et l’élevage du bison des plaines, la sous-espèce s’est rétablie dans une certaine mesure.

La chasse strictement réglementée constitue de nos jours un outil de gestion efficace. La chasse récréative est permise dans le Refuge de bisons du Mackenzie, et les résidents établis depuis longtemps dans les Territoires du Nord-Ouest peuvent obtenir un permis de chasse, qui est valide partout dans les Territoires à l’exception du parc national Wood Buffalo.

Comme les bisons domestiqués sont mieux adaptés que les bisons sauvages aux prairies, de nombreux bisons des prairies se trouvent dans des ranchs d’élevage, en tant que bétail. Les éleveurs apprécient le fait que le bison est mieux adapté que le bœuf d’Europe à la sécheresse et au rude hiver des prairies. Certains d’entre eux constatent peut-être également que le bison des plaines domestiqué, ayant évolué dans les prairies, est plus compatible avec la faune et la flore indigènes de cet écosystème de steppe.

Il reste à voir si les initiatives visant à freiner la perte de la biodiversité et à restaurer les écosystèmes de prairies mixtes indigènes mèneront à terme au rétablissement de troupeaux sauvages ou semi-domestiques de bisons des plaines dans une plus grande partie de leur aire d’origine.

Le bison d’Amérique du Nord doit encore faire face à de nombreuses menaces. Le grizzli, l’ours noir, le loup et le couguar peuvent se nourrir du bison. Le grizzli était et demeure un ennemi mortel, mais ni lui ni le terrible couguar ne sont abondants là ou vivent maintenant les bisons. Les loups menacent surtout les jeunes et les bisons blessés ou âgés; un bison adulte en pleine santé est normalement capable de leur tenir tête.

Bon nombre de bisons du Nord du Canada se déplacent librement dans des aires protégées. Malheureusement, les bisons sauvages du parc national Wood Buffalo et des zones adjacentes (région qui couvre plus de 40 p. 100 de l’aire d’origine du bison des bois) sont aujourd’hui porteurs de la tuberculose et de la brucellose bovines, ce qui empêche l’établissement de troupeaux de bisons des bois sains dans cet habitat.

La tuberculose et la brucellose bovines sont des maladies passées de l’Europe à l’Amérique du Nord avec le bœuf domestique, puis transmises au bison, proche parent du bœuf. Les premiers cas de tuberculose bovine chez le bison des plaines au Canada remontent aux années 1920, dans le parc à bisons situé près de Wainwright (Alberta). Puisque ce parc était surpeuplé, on a transporté 6 673 bisons des plaines jusqu’au parc national Wood Buffalo entre 1925 et 1928. Ces animaux étaient apparemment porteurs des deux maladies, qui continuent d’avoir une incidence sur les troupeaux libres, composés des bisons des deux sous-espèces, qui vivent dans le parc national et à proximité.

Ces troupeaux, de même que les bisons des bois vivant dans le Refuge de bisons du Mackenzie, ont également dû faire face à des épidémies sporadiques de charbon bactéridien, maladie causée par une bactérie qui peut survivre dans le sol pendant des dizaines d’années. Les animaux infectés en meurent généralement, mais les bisons ne sont pas normalement porteurs de la bactérie, sauf durant les poussées d’infection active.

De plus, quand les animaux malades s’aventurent hors de la région immédiate du parc, ils transmettent parfois ces maladies à d’autres bisons des bois et au bétail. Les éleveurs, les gestionnaires des parcs, les Autochtones, les groupes écologistes et les organismes de l’État responsables de la faune s’efforcent de travailler à la conservation du bison sauvage et à la protection des intérêts des éleveurs.

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Ressources

Ressources en ligne

Comité sur la situation des espèces en péril au Canada

Bison des bois, Espèces en péril
 
Bison des prairies, Espèces en péril

Ressources imprimées

BANFIELD, A.W.F. Les mammifères du Canada, 2e éd., Musées nationaux du Canada, Québec (Québec), Les Presses de l’Université Laval, 1977, p. 377-380.

BUREAU FÉDÉRAL D’EXAMEN DES ÉVALUATIONS ENVIRONNEMENTALES. Bisons malades du Nord, Rapport de la Commission d’évaluation environnementale, Ottawa, 1990.

BURNETT, J.A., T.C. DAUPHINÉ, S.H. MCCRINDLE et T. MOSQUIN. « Le bison des bois », p. 74 et 75 dans La nature aux abois, Les espèces menacées de disparition au Canada, Environnement Canada, Ottawa, Éd. Broquet inc., 1990.

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, représentée par le ministre de l’Environnement, 1974, 1994. Tous droits réservés.
No de catalogue CW69-4/45-1994F
ISBN 0-662-99450-7
Révisé par : J.A. Keith et H. Reynolds, 1994