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Ce que vous pouvez faire

Passer à l’action pour les espèces sauvages

Chacun a un rôle à jouer :

  • Si vous voulez faire votre part, il importe d’abord d’apprendre à connaître les espèces sauvages.
  • Que vous possédiez un petit terrain dans une grande ville ou une vaste terre agricole dans les Prairies, vous pouvez faire beaucoup pour créer un refuge propice aux espèces sauvages.
  • Il est important de vérifier le nombre d’oiseaux ou de mammifères d’une espèce donnée qui se trouve au Canada, ainsi que de surveiller l’état de santé de chaque espèce.
  • Les espèces canadiennes préoccupantes, menacées et en voie de disparition ont particulièrement besoin de l’aide de tous.

Connaître les espèces sauvages

Si vous voulez faire votre part, il importe d’abord d’apprendre à connaître les espèces sauvages. Sortir et observer la nature qui vous entoure est une bonne façon de commencer. Essayez d’intégrer à votre horaire habituel des randonnées dans un parc, une terre humide ou un terrain boisé du voisinage.

Vous pouvez aussi apprendre à connaître les espèces sauvages par l’intermédiaire de livres, de cassettes vidéo et, dans le cas des oiseaux, de cassettes audio. Chaque fois que vous vous rendez à la bibliothèque, empruntez un livre sur les espèces sauvages et encouragez votre famille à le lire. En vous livrant à un passe-temps paisible qui vous permet d’être à l’extérieur, tel que le jardinage, la randonnée pédestre ou les promenades sur la plage, vous augmenterez vos chances d’observer et de mieux connaître les plantes et les animaux sauvages.

Les enfants peuvent découvrir les espèces sauvages par l’intermédiaire de programmes scolaires, tels qu’À tire-d’aile, Habitat 2000 et Atout-faune. Le programme À tire-d’aile, programme offert par la Fédération canadienne de la nature et le Service canadien de la faune (SCF), permet de s’initier à l’identification, à l’écologie et à la conservation des oiseaux et encourage la participation à des activités de conservation. Grâce au programme Habitat 2000, géré par la Fédération canadienne de la nature en collaboration avec le SCF et Habitat faunique Canada (HFC), des milliers d’élèves partout au Canada ont entrepris des projets de rétablissement d’habitats tout en se sensibilisant aux besoins des espèces sauvages.

Devenir membre d’un club de naturalistes est une très bonne façon, pour les enfants comme pour les adultes, d’apprendre à connaître les espèces sauvages et de prendre part à la conservation. Ces clubs font des excursions dans des terres humides, notamment les doux soirs de printemps, pour apprendre à reconnaître les coassements des grenouilles et des crapauds. Ils font aussi des excursions à l’aube pendant la saison de reproduction des oiseaux, au printemps pour admirer les fleurs et à l’automne pour voir les champignons. Il s’agit également d’un bon moyen de rencontrer d’autres personnes qui s’intéressent à la nature. Si vous préférez, vous pouvez apprendre à connaître les espèces sauvages en faisant du bénévolat dans un centre de sauvegarde des oiseaux sauvages, un centre de baguage des oiseaux ou un centre éducatif sur la nature qui offre une formation en milieu de travail aux bénévoles.

Poser des gestes à titre individuel

Voici quelques idées d’actions quotidiennes qui vous permettront d’aider à conserver les espèces sauvages :

  • Gardez vos animaux domestiques sous surveillance. Respectez les règlements locaux sur l’utilisation des laisses. Les chiens qui circulent librement peuvent harceler et tuer des espèces sauvages. Il est conseillé d’attacher au cou des chats une clochette qui avertira les oiseaux. Les chats domestiques tuent chaque année des millions d’oiseaux chanteurs.
  • Utilisez votre automobile moins souvent, car il s’agit d’une source de pollution. De plus, beaucoup d’animaux sont tués lorsqu’ils traversent les routes à circulation dense.
  • Achetez des aliments cultivés sans herbicides ni pesticides. Vous encouragez ainsi les agriculteurs dont les terres respectent le plus l’environnement. Achetez d’autres produits « verts », tels que le bois et le papier certifiés écologiques, pour la même raison.
  • Réutilisez ou recyclez les produits en plastique et évitez les produits avec des emballages de plastique jetables. Nous savons que des animaux sont morts après avoir avalé des débris de plastique ou s’être empêtrés dans des porte-cannettes.
  • Faites attention aux substances que vous versez dans les tuyaux d’écoulement ou que vous mettez dans des sacs à déchets ordinaires. En jetant ces substances de façon irréfléchie, vous pouvez faire du tort aux espèces sauvages, comme les poissons. Renseignez-vous auprès de votre administration municipale sur les moyens de vous débarrasser des antigels, des peintures, des solvants, des huiles usagées et des piles.
  • Si vous trouvez un oiseau mort avec une bague à la patte ou si vous apercevez un oiseau vivant muni d’un collier, d’une étiquette alaire (attachée à une aile) ou d’un autre type de marque, retournez la bague ou signalez vos observations au Bureau de baguage des oiseaux du SCF (tél. : 1 800 327-2263). Le fait de savoir où les bagues ont été trouvées aide les scientifiques à connaître les habitats utilisés par les oiseaux.
  • Achetez les timbres et les lithographies sur la conservation mis en vente par Habitat faunique Canada. Les recettes servent à la conservation des habitats.
  • Pratiquez vos activités touristiques de manière écologique. Évitez les activités qui engendrent des déchets ou causent de la pollution. Encouragez les pays qui protègent leurs forêts et qui gèrent judicieusement leurs récifs coralliens et leurs plages.
  • En voyage, ne contribuez pas à enrichir les personnes qui capturent ou tuent des espèces en péril. Informez-vous sur les règlements découlant de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) et respectez-les. La Convention rend illégale l’importation de biens dont certaines parties proviennent d’espèces en péril, tels que les peaux de léopards et les défenses d’éléphant.
  • Si vous pratiquez la chasse ou la pêche, utilisez des cartouches ou des accessoires de pêche et des turluttes ne contenant pas de plomb pour que les oiseaux qui ingèrent accidentellement de la grenaille tirée ou des plombs perdus ne soient pas empoisonnés par ce métal toxique. Respectez les règlements relatifs aux saisons et au nombre de prises, et signalez la présence de braconniers à l’organisme faunique de votre province ou territoire, à la Gendarmerie royale du Canada (GRC) ou à Échec au crime. Développez votre habileté à identifier les animaux de façon à éviter de tuer des espèces en péril (comme l’Arlequin plongeur de l’Est) et enseignez aux autres chasseurs à faire de même. Faites en sorte de bien identifier votre gibier afin d’éviter le gaspillage. Pratiquez la pêche avec remise à l’eau du poisson vivant si vous n’avez pas l’intention de le manger.
  • En bateau, gardez à bord tous vos déchets et attendez d’être de retour sur la terre ferme pour vous en défaire en lieu sûr ou pour les recycler. Ne les jetez jamais par-dessus bord. Signalez les évacuations industrielles suspectes, les grandes quantités de poissons morts et d’autres problèmes environnementaux à l’organisme faunique de votre province ou territoire. Ne déversez pas d’essence ni d’huile dans l’eau; évitez de remuer les sédiments au fond de l’eau avec les hélices; ne vous aventurez pas dans les zones peu profondes, qui sont des habitats essentiels aux poissons en période de frai ainsi qu’aux plantes et aux invertébrés aquatiques; réduisez votre vitesse pour éviter que le sillage ne perturbe les habitats riverains.
  • À la pêche, ne jetez pas les « ménés » à l’eau. Cela peut avoir pour conséquence de multiplier les espèces de poissons non indigènes et les moules zébrées, et ainsi de perturber l’équilibre des écosystèmes. Nettoyez la coque de votre bateau en suivant les directives affichées, et ce, avant de sortir le bateau d’une zone infestée de moules zébrées.
  • En camping, tenez compte des avis concernant les risques d’incendie de forêt avant d’allumer un feu de camp, ne jetez pas l’eau de vaisselle directement dans les lacs et les rivières, et faites le moins de bruit possible.
  • Choisissez des activités récréatives de plein air, telles que le ski de fond et le canot plutôt que la motoneige et le motonautisme. Ces activités sont plus tranquilles, ne dérangent pas les espèces sauvages et vous donnent davantage l’occasion d’observer des espèces sauvages. N’oubliez pas qu’en hiver, le bruit intense dérange les animaux alors qu’ils ont besoin de se reposer et de ménager leurs forces.
  • Participez au processus d’aménagement du territoire dans votre collectivité afin de veiller à la protection des habitats, notamment les habitats des espèces en péril.
  • Enseignez ce que vous savez.

Le rôle du propriétaire foncier

Ce goéland s’est empêtré dans un porte-cannettes.
Les espèces sauvages bénéficient de toutes les activités visant à prévenir ou à combattre la pollution. Ce goéland s’est empêtré dans un porte-cannettes.

Que vous possédiez un petit terrain dans une grande ville ou une vaste terre agricole dans les Prairies, vous pouvez faire beaucoup pour créer un refuge propice aux espèces sauvages.

Il est possible de mettre en valeur une terre agricole abandonnée ou un terrain vague d’un secteur urbain en plantant toutes sortes d’espèces différentes pour que différents types d’animaux puissent y trouver de quoi se nourrir et s’abriter. En général, c’est une bonne idée de planter des arbres, mais tous les sites ne devraient pas nécessairement être boisés. Avant de planter des arbres, assurez-vous de ne pas éliminer un espace naturel à découvert important qui soutient une variété de plantes peu répandues. Des prairies naturelles ont été détruites par suite d’initiatives de reboisement irréfléchies dans certaines régions du Canada. Demandez donc à un naturaliste ou à un botaniste d’examiner votre terrain avant de commencer les travaux.

Sur les terres forestières, reliez des parcelles boisées en plantant des arbres et des arbustes de manière à former des couloirs, ce qui permettra aux espèces sauvages de se déplacer à l’abri des regards. N’oubliez pas de planter des espèces indigènes. Les oiseaux chanteurs iront plus naturellement vers un hallier familier de cornouillers ou de saules indigènes que vers une espèce exotique introduite, comme le mûrier blanc pleureur. Les espèces indigènes fournissent de la nourriture ainsi qu’un abri et risquent moins de dominer les autres espèces indigènes que ne le font les espèces introduites.

Il est crucial de planter des arbres et des arbustes le long des rives dénudées des rivières, des ruisseaux et des lacs. La végétation empêche en effet le sol des rives de glisser dans l’eau, par suite d’érosion, et de détruire éventuellement les frayères. Elle absorbe aussi les produits chimiques agricoles, ce qui réduit les possibilités d’empoisonnement de la faune aquatique et de surfertilisation des habitats aquatiques. Le fait de planter des haies d’arbres et d’arbustes autour des champs agricoles crée également des corridors protégés pour les déplacements des espèces sauvages et aide à prévenir l’érosion du sol. (Toutefois, les haies peuvent devenir des endroits dangereux si elles sont plantées près d’endroits où l’on fait une utilisation intensive de pesticides.)

Quand vous nettoyez votre terrain, songez à l’utilisation que pourraient en faire des espèces sauvages. Par exemple, les lapins, les rongeurs et les oiseaux se servent de broussailles pour construire leur abri. Aménagez votre terrain boisé en ayant à l’esprit les espèces sauvages. Ainsi, les parties d’arbres morts restées sur pied, ou les « chicots », remplissent une grande variété de fonctions dans la nature : des organismes vivants se nourrissent des insectes vivant dans le bois et des champignons qui le décomposent. Le Grand Pic explore les chicots pour se repaître d’insectes ou creuser des nids qui deviennent ensuite des abris pour les espèces nichant dans des cavités, comme d’autres pics, les Canards branchus, les écureuils volants et les ratons laveurs. Même après sa chute, l’arbre joue un rôle important pour les espèces sauvages : les salamandres, les petits rongeurs, divers invertébrés et d’autres organismes trouvent refuge en dessous et les fourmis vivent à l’intérieur de cet arbre. De plus, s’il tombe au-dessus d’un cours d’eau, il fournira de l’ombre et un abri aux poissons.

Parce que les vieux arbres continuent d’être considérés, à tort, comme inutiles et essentiellement dangereux par de nombreuses personnes, il peut y avoir un manque de chicots pour les espèces sauvages dans certaines régions. L’installation de nichoirs remplaçant les cavités qu’offriraient les chicots aux oiseaux nichant dans les arbres peut être une solution à court terme. Les populations de Merlebleus de l’Est et de Canards branchus sont ainsi revenues en Amérique du Nord grâce aux centaines de propriétaires fonciers qui leur ont aménagé des nichoirs. Vous pouvez aussi installer des nichoirs pour les mésanges, les troglodytes et les crécerelles ainsi que des perchoirs pour les chauves-souris et des plateformes sur poteau pour les rapaces. La solution à long terme demeure la conservation d’une grande variété d’arbres vivants, mourants et morts dans les forêts jardinées et ailleurs, du moment que les chicots ne posent pas de danger pour la population ou la propriété.

Les agriculteurs des Prairies ont toutes sortes de moyens de rehausser la valeur faunique de leurs terres. Au cours du dernier siècle, mais plus particulièrement, des 30 dernières années, les agriculteurs ont asséché des milliers de mares vaseuses et éliminé des haies. Un des facteurs qui ont motivé ces activités était la préoccupation de permettre aux grosses machines modernes de fonctionner en ligne droite plutôt que d’avoir à contourner les étendues d’eau et la végétation ligneuse. Les programmes d’aide gouvernementaux reposaient par ailleurs sur la superficie labourée, de sorte qu’il était payant de l’augmenter, même si les nouvelles terres avaient un rendement très faible. Cependant, les agriculteurs se sont vite aperçus que la nappe phréatique diminuait et que le sol, si riche auparavant, devenait aride. La disparition des mares a aussi entraîné un déclin marqué des populations de canards à des niveaux plus bas que ceux connus pendant la grande sécheresse des années 1930.

De nombreux agriculteurs sont maintenant partenaires du Plan conjoint des Habitats des Prairies, l’un des volets du Plan nord-américain de gestion de la sauvagine (PNAGS). Le Plan conjoint vise à conserver les habitats des hautes terres et des terres humides pour les populations de sauvagine. Tous les partenaires du PNAGS, y compris le Service canadien de la faune, Canards Illimités Canada et Habitat faunique Canada, dépendent de la collaboration des propriétaires fonciers prêts à modifier leurs pratiques agricoles afin de rétablir les mares vaseuses et d’améliorer l’hydrologie de leurs terres et, par le fait même, d’aider les canards, les bernaches, les cygnes et d’autres espèces sauvages.

C’est également aux pratiques agricoles qu’il faut attribuer le déclin des populations de Chevêches des terriers, une espèce en voie de disparition au Canada. Habituée de nicher sous la terre, dans de vieux terriers de mammifères, cette petite chevêche a besoin d’un milieu non perturbé par le labourage et doit se nourrir d’insectes non atteints par les pesticides. De nombreux agriculteurs en Alberta et en Saskatchewan laissent maintenant sur leurs terres des zones non labourées et non pulvérisées, et construisent des nichoirs souterrains pour reconstituer l’habitat indispensable à la Chevêche.

Même les citadins peuvent créer un milieu propice aux espèces sauvages. Si vous n’utilisez pas de pesticides, vous pouvez planter des fleurs sauvages indigènes pour attirer les papillons dans votre cour, et installer des mangeoires et des bains pour les oiseaux. Si vous installez des mangeoires ou des nichoirs, assurez-vous de bien les nettoyer périodiquement. Les mangeoires de colibris doivent aussi être vérifiées et nettoyées fréquemment, car le sirop sucré peut fermenter, devenir alcoolisé et causer la cirrhose du foie. Il est conseillé de faire un usage modéré du pain et d’autres produits de boulangerie comme aliments destinés aux oiseaux et de les mettre dans le composteur lorsqu’ils ont moisis, car les aliments moisis ne conviennent pas aux oiseaux chanteurs. Lancer des miettes de pain aux canards est un passe-temps populaire, mais rappelez-vous que les canards qui mangent du pain seront rassasiés et ne rechercheront pas de nourriture plus nutritive. Des canards sont morts de malnutrition parce qu’ils ne mangeaient que du pain plutôt que les plantes aquatiques et les invertébrés qui composent leur régime alimentaire naturel.

Les jardiniers et les cultivateurs participent à la conservation des espèces sauvages lorsqu’ils évitent l’utilisation d’herbicides et de pesticides. Même si au Canada de nouveaux produits chimiques, qui se décomposent en substances non nocives peu après le traitement, ont remplacé les pesticides à effet prolongé (comme le DDT) qui s’accumulaient dans l’environnement, ces nouveaux pesticides sont quand même toxiques pendant la courte période où ils sont actifs. De nombreux oiseaux meurent chaque année après avoir puisé leur nourriture dans les champs, les pelouses ou les terrains de golf qui viennent d’être traités aux pesticides à effet de courte durée. Signalez par écrit, au Service canadien de la faune, tout tort fait aux oiseaux ou à d’autres espèces sauvages non visées par suite d’une utilisation de pesticide (télécopieur : (819) 953-6612, site Web : www.scf-cws.ec.gc.ca). Essayez d’utiliser des moyens moins nocifs pour lutter contre les insectes nuisibles et les « mauvaises herbes » ou tolérez-les. Après tout, les chiendents et les guêpes sont également des espèces sauvages!

Enfin, un mouvement de fiducie foncière prend de l’ampleur au Canada, en fonction duquel les propriétaires fonciers acceptent de garder leurs terrains à l’état naturel. Si, dans votre région, il y a un groupe qui s’inspire de ce mouvement, vous pourriez en devenir membre. Sinon, songez à en fonder un. Depuis 1995, plus de 200 Canadiennes et Canadiens ont fait don de terres et de services fonciers de conservation d’une valeur de 25 millions de dollars à des organismes de conservation en vertu du Programme des dons écologiques géré par Environnement Canada. Des renseignements sur cette initiative d’aide fiscale sont disponibles sur Internet à l’adresse www.cws-scf.ec.gc.ca/ecogifts.

Collaborer avec les organismes

Aider à la conservation des espèces sauvages par l’intermédiaire d’organismes

Voici quelques suggestions sur les moyens de contribuer à la conservation des espèces sauvages par l’entremise d’un organisme.

Relevés et inventaires des populations fauniques
Dessin par Wendy Kramer

Un choix judicieux de plantes peut inciter les espèces sauvages à visiter votre jardin. Par exemple, les papillons ont tendance à être attirés par les fleurs violettes, bleues, jaunes et roses.

Le nombre d’espèces sauvages varie en fonction des changements qui se produisent dans leur milieu. Il est important de vérifier le nombre d’oiseaux ou de mammifères d’une espèce donnée qui se trouve au Canada, ainsi que de surveiller l’état de santé de chaque espèce. Comme les gouvernements ne peuvent pas financer tous les travaux de recherche nécessaires, les bénévoles et les naturalistes amateurs jouent un rôle important à cet égard. Il faut posséder des connaissances sur les espèces sauvages pour effectuer les relevés, mais beaucoup d’autres tâches essentielles, telles que le traitement de texte, la conduite automobile, la consignation des données et la construction, nécessitent aussi peu qu’un vif intérêt pour les espèces sauvages.

Des milliers de Canadiennes et de Canadiens participent chaque année au Recensement des oiseaux de Noël transcontinental. Pendant environ 17 jours, de la mi-décembre au début de janvier, des équipes d’observateurs d’oiseaux trouvent, dénombrent et signalent le plus grand nombre d’oiseaux possible dans les limites déterminées pour la journée en question. Les observateurs de mangeoires surveillent les oiseaux à leurs mangeoires. Chaque Recensement des oiseaux de Noël est organisé localement, habituellement par un groupe de naturalistes. L’information recueillie sur les espèces et les densités d’oiseaux est saisie dans un ordinateur avec les résultats des Recensements de Noël effectués aux États-Unis et au Mexique. Bien des gens pensent qu’il faut être spécialiste des oiseaux pour participer au Recensement. Ce n’est pas le cas : même des observateurs débutants peuvent jouer un rôle en se joignant à un petit groupe qui comprend un observateur d’expérience. Si vous devenez un spécialiste de l’identification, capable, entre autres, de reconnaître les chants et les cris des oiseaux, vous pourriez vous voir confier un trajet du Relevé des oiseaux nicheurs du printemps ou être invité à participer au Programme de surveillance des oiseaux forestiers du SCF. Les biologistes et les écologistes utilisent les résultats du Relevé des oiseaux nicheurs pour déterminer les tendances des populations d’oiseaux partout en Amérique du Nord. Quant au plus récent Programme de surveillance des oiseaux forestiers, il vise à évaluer les tendances des populations d’oiseaux forestiers et à proposer des façons de gérer les terres forestières qui soient productives pour les oiseaux.

Vous pouvez aussi contribuer aux efforts de conservation en surveillant les oiseaux qui visitent votre mangeoire. Dans le cadre du Projet Tournesol, organisé par Études d’oiseaux Canada, des bénévoles dénombrent les espèces et les individus pendant deux jours consécutifs toutes les deux semaines, et inscrivent les données sur un formulaire qu’ils font parvenir à Études d’oiseaux Canada à la fin de l’hiver.

Depuis les dernières années, on invite le public à participer à de nombreux nouveaux relevés sur les espèces sauvages. On compte, entre autres, les programmes Veille aux vers et Attention grenouilles, auxquels participe le Réseau d’évaluation et de surveillance écologiques (RESE) d’Environnement Canada en collaboration avec la Fédération canadienne de la faune (FCF), le Sondage sur les papillons, mené d’un océan à l’autre, de la FCF, l’Inventaire canadien des Plongeons huards et le Relevé des hiboux, d’Études d’oiseaux Canada, ainsi que le programme Plantwatch du Devonian Botanic Garden de l’université de l’Alberta. On peut retrouver plusieurs listes de relevés sur les espèces sauvages sur Internet. La liste de la Fédération canadienne de la faune peut être consultée sur Internet.

Comment aider les espèces en péril

Les espèces canadiennes préoccupantes, menacées et en voie de disparition ont particulièrement besoin de l’aide de tous et chacun. Des programmes gouvernementaux ont pu empêcher la disparition de certaines de ces espèces, notamment la Grue blanche, le Pélican d’Amérique et le bison des bois. Toutefois, il existe aussi des organismes locaux qui aident les espèces en péril, tels que le programme de tutelle des plages du Pluvier siffleur dans les provinces de l’Atlantique et des Prairies. Après une formation de base sur la biologie de cette espèce, les membres de la collectivité se rendent aux plages pour surveiller les aires de nidification, renseigner le public au sujet de l’oiseau, demander au public d’éviter les nids et évaluer la distribution de l’espèce ainsi que le succès de la reproduction.

La protection de l’habitat aide également les espèces en péril. Dans le Sud-Ouest de l’Ontario, le bleu mélissa, un papillon qui se nourrit de lupin et d’asclépiade tubéreuse, est en péril en raison de la disparition des plantes hôtes de cette région densément peuplée et où se pratique la culture intensive. Un club de naturalistes de Sarnia, Lambton Wildlife Inc., a acheté des terres convenables et a créé un refuge pour cette espèce. Le club est en train de rétablir les espèces végétales requises et espère réintroduire les larves du papillon dans quelques années.

Si vous trouvez une espèce en péril en dehors de son aire de répartition connue, signalez l’observation aux autorités responsables des espèces sauvages de votre région. Toutes les observations de la Grue blanche, espèce en voie de disparition, doivent être signalées par téléphone au 1 800 668-6767.

Pour en savoir davantage sur les espèces en péril et sur le travail des équipes de rétablissement, consultez le site Web du RESCAPÉ (Rétablissement des espèces canadiennes en péril), un programme national de rétablissement.

Même si vous ne souhaitez pas faire partie d’un groupe, vous pouvez appuyer un organisme de conservation qui, à votre avis, fait du bon travail. L’envoi d’une lettre aux représentants d’un organisme ou à la tribune des lecteurs d’un journal, ou d’un don en argent à un organisme peut être une source d’inspiration pour les personnes œuvrant au profit des espèces sauvages.

Ressources

Canards Illimités Canada
C.P. 1160
Oak Hammock Marsh (Manitoba) R0C 2Z0
Tél. : 1 800 665-3825

Études d’oiseaux Canada
C.P. 160
Port Rowan (Ontario) N0E 1M0
Tél. : (519) 586-3531

Programmes : Projet Tournesol, Inventaire canadien des Plongeons huards et Relevé des hiboux.

Fédération canadienne de la faune
350, Michael Cowpland Dr.
Kanata (Ontario) K2B 1A2
Tél. : 1 800 563-9453

Programmes : Habitat 2000 et Atout faune

Ouvrages recommandés : Build a bat house; Golden Gardens: a gardening program for seniors; Plant a butterfly garden; Recycle for birds.

Fédération canadienne de la nature
1, rue Nicholas
bureau 606
Ottawa (Ontario) K1N 7B7
Tél. : (613) 562-3447

Programme : À tire-d’aile (Ce programme offre la possibilité de consulter une excellente liste d’ouvrages et de matériel audiovisuel recommandés pour mieux connaître les oiseaux englobés par le programme À tire-d’aile.)

Fonds mondial pour la nature (Canada)
245, av. Eglinton E.
bureau 410
Toronto (Ontario) M4P 2Z7
Tél. : 1 800 26PANDA;
Région de Toronto : (416) 489-8800

Habitat faunique Canada
7, av. Hinton N.
bureau 200
Ottawa (Ontario) K1Y 4P1
Tél. : (613) 722-2090

Service canadien de la faune
Environnement Canada
Ottawa (Ontario) K1A 0H3
Tél. : (819) 997-1095

Programmes : Relevé des oiseaux nicheurs et Programme de surveillance des oiseaux forestiers (pour de plus amples renseignements sur ces programmes, écrivez au coordonnateur du Relevé des oiseaux nicheurs, à l’adresse ci-dessus ou composez le (819) 953-1425).

Ouvrages recommandés : Dons écologiques : un aide-mémoire pour le don de terres écosensibles au Canada et la série La faune de l’arrière-pays, y compris Nourrir les oiseaux et Les pesticides et les oiseaux sauvages.

Société canadienne pour la conservation de la nature
110, av. Eglinton O., bureau 400
Toronto (Ontario) M4R 1A3
Tél. : (416) 932-3202

En plus des organismes nationaux susmentionnés, l’organisme faunique de votre province ou territoire et le bureau du SCF de votre région peuvent vous fournir d’autres renseignements. Par exemple, le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario vend un livret de 18 pages intitulé Un jardin pour la faune. Composez le (416) 314-2000 pour obtenir de l’information.

© Sa Majesté la Reine du chef du Canada, représentée par le ministre de l’Environnement, 1994, 2001. Tous droits réservés.
No de catalogue CW69-4/91-2001F
ISBN 0-662-85373-3
Texte : Lorraine Brown
Révision scientifique : Susan Burns, 2000
Réimprimé avec corrections en 2002