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Photo: Merri-Lee Metzger

Pluvier siffleur

La saviez-vous?

Les oiseaux migrateurs sont de bons indicateurs de la santé de l’environnement parce qu’ils sont visibles et relativement faciles à étudier – ce qui est nocif pour les oiseaux est souvent nocif pour les humains!
Les oiseaux migrateurs jouent un rôle clé dans l’économie canadienne, alimentant de nombreuses familles et soutenant des activités récréatives qui créent des emplois et génèrent des millions de dollars de revenus!

Célébrez le Centenaire de la Convention concernant les oiseaux migrateurs!

La Tourte voyageuse de Mershon

La Tourte voyageuse de Mershon

Des barils pleins de pigeons, de canards et d’oiseaux de rivage destinés à la consommation étaient acheminés en train vers les villes. Des millions d’oiseaux étaient tués chaque année pour décorer des chapeaux. Lorsque le ciel est assombri des jours durant par le passage des oiseaux migrateurs, les ressources semblent infinies. Vers la fin du 19e siècle, cependant, les Nord-Américains ont commencé à se rendre compte que la demande d’oiseaux croissante créait une pression que les populations aviaires ne pouvaient tout simplement pas supporter. L’espèce d’oiseau la plus abondante en Amérique du Nord, la Tourte voyageuse, s’est éteinte avec la mort de Martha, sa dernière représentante, en 1914. Vers la même époque, la sensibilisation du public aux effets profonds que les humains avaient sur les espèces sauvages et leurs habitats a donné naissance à une nouvelle croisade : le mouvement écologiste.

Des particuliers préoccupés se sont réunis pour créer des clubs de naturalistes et des organismes de conservation en vue de protéger les habitats et d’exiger l’arrêt de ces prélèvements incontrôlés. Beaucoup de ces groupes sont toujours actifs aujourd’hui.

Au Canada, des conservationnistes ont été des pionniers dans la pratique consistant à baguer les pattes des oiseaux afin de les identifier. La récupération de ces bagues et la coordination nécessaire à la gestion des oiseaux traversant les frontières ont engendré le besoin d’un accord international.

Le premier traité international sur la conservation de la faune a vu le jour il y a cent ans, marquant le début d’une nouvelle ère de collaboration internationale pour la conservation des espèces sauvages et de leurs habitats. Signée le 16 août 1916 entre le Canada et les États-Unis, la Convention pour la protection des oiseaux migrateurs (plus communément appelée Convention concernant les oiseaux migrateurs) était destinée à réglementer la récolte des oiseaux et à préserver les espèces utiles et inoffensives pour l’homme. Car les oiseaux nous sont bien utiles! Ils assurent la santé de nos écosystèmes par le rôle qu’ils y jouent. Ils inspirent aussi les artistes, et nous sommes tous sensibles à leur beauté.

La Convention concernant les oiseaux migrateurs engage le Canada et les États-Unis « à gérer conjointement les populations, à réglementer les prises, à protéger les terres et les eaux dont ils dépendent, et à échanger les données provenant de la recherche et des relevés. »

Que de chemin parcouru en un siècle!

Canard branchu (photo par Mike Kelly)

Canard branchu (photo par Mike Kelly)

Afin de mettre en œuvre la Convention, la Loi sur la Convention concernant les oiseaux migrateurs a été adoptée en 1917 au Canada; l’année suivante, le gouvernement des États-Unis a adopté la Migratory Bird Treaty Act. La Convention et la Loi ont permis de contrôler la récolte des oiseaux pour la rendre durable. Les effectifs de la sauvagine, en particulier, se sont largement rétablis à des niveaux sains grâce à des décennies d’amélioration de la science, de la gestion des récoltes et de la conservation coordonnée des habitats dans le cadre du Plan nord-américain de gestion de la sauvagine. Lorsque les chercheurs ont commencé à baguer la sauvagine, ils ont constaté que ces oiseaux suivent des couloirs de migration établis lors qu’ils se déplacent vers leurs aires de reproduction du nord au printemps et qu’ils reviennent vers le sud à l’automne. En 1952, quatre Conseils des voies migratoires (de l’Atlantique, du Mississippi, du centre et du Pacifique) ont été créés afin de coordonner la recherche sur le gibier à plumes et sa gestion entre toutes les provinces canadiennes et les états américains, le long de ces voies.

Depuis 60 ans, le Service canadien de la faune et le Fish and Wildlife Service des États-Unis, en coopération avec d’autres organismes gouvernementaux et organisations, ont ainsi mené des relevés annuels afin de rendre compte de l’état des populations et de fournir les données requises pour la gestion de leur récolte. L’introduction du Permis de chasse aux oiseaux migrateurs en 1966 a permis une meilleure évaluation de la récolte elle-même et une meilleure compréhension de comment elle peut influencer la santé des populations d’oiseaux.

Fou de Bassan (photo par Sylvia Rourke)

Fou de Bassan (photo par Sylvia Rourke)

Mais d’autres groupes d’oiseaux ne se portent pas aussi bien et de nouvelles menaces sont apparues au cours des cent dernières années. Au premier rang se trouvent la perte, la dégradation et la fragmentation des habitats. Dès 1887, on prenait conscience de la nécessité de protéger l’habitat des oiseaux, et le premier sanctuaire d’oiseaux en Amérique du Nord était établi sur les rives du lac De-la-Dernière-Montagne en Saskatchewan. Et quand la Loi sur la Convention concernant les oiseaux migrateurs (LCOM) est adoptée en 1917, elle comprend des règlements permettant la création et la gestion de Refuges d’oiseaux migrateurs dans les régions qui comptent des habitats d’importance. En 1919, l’île Bonaventure et le Rocher Percé au Québec sont devenus le premier refuge d’oiseaux migrateurs, désigné en vertu de la LCOM afin de protéger d’importants sites de reproduction d’oiseaux marins comme les Fous de Bassan, les Guillemots marmettes et les Mouettes tridactyles. Il existe maintenant plus de 90 refuges d’oiseaux migrateurs partout au Canada, qui protègent plus de 11 millions d’hectares d’habitats d’oiseaux migrateurs.

Grue du Canada (photo par Lauren Nicholl)

Grue du Canada (photo par Lauren Nicholl)

Mais les oiseaux ont besoin de plus que des parcelles d’habitats isolées. Bien que notre pays puisse sembler abriter de nombreux habitats dans un état relativement naturel, la diminution continue des effectifs de nombreuses espèces d’oiseaux, notamment des oiseaux de prairie, peut indiquer que nous n’avons pas atteint un état d’équilibre. Des partenariats tels l’Initiative de conservation des oiseaux de l’Amérique du Nord peuvent permettre de gérer efficacement le territoire en intégrant les besoins de la faune, les normes et pratiques de l’industrie, et la conservation par l’intendance et le statut officiel de zone protégée.

Le siècle passé a également vu l’empreinte des activités humaines gagner en hauteur. Les bâtiments élevés, les tours de télécommunications et les éoliennes ont poussé comme des champignons dans toute l’Amérique du Nord. Les oiseaux migrateurs courent un risque élevé de collision avec ces structures, en particulier celles dont des lumières attirent les migrateurs nocturnes. Même les fenêtres des maisons jouent un rôle pour les oiseaux sans méfiance, en reflétant le ciel ou la végétation environnante. La prédation par des espèces introduites, en particulier les chats domestiques chers à de nombreux Canadiens, a également augmenté au cours des années à mesure de l’élévation du nombre de ces animaux.

Le cycle annuel

Passerin azuré_Damon (photo par Scott Calderwood)

Passerin azuré_Damon (photo par Scott Calderwood)

Pour les espèces migratrices, chaque étape de la vie est essentielle à la survie — les oiseaux qui arrivent en mauvais état au printemps peuvent ne pas arriver à se reproduire, par exemple. La disponibilité des habitats est un problème à toutes les étapes de l’aire de répartition annuelle des oiseaux — les aires de reproduction ici, au Canada, les haltes migratoires, et les destinations hivernales. Les changements climatiques peuvent également avoir une incidence sur la migration et la survie des jeunes, alors que le calendrier de la nourriture disponible se décale et que des tempêtes de plus en plus fréquentes rendent le vol et le maintien du cap plus difficiles. La migration est une activité risquée : les espèces qui voyagent le plus loin, comme certains oiseaux de rivage, enregistrent des diminutions d’effectifs parmi les plus fortes. Ces exploits spectaculaires perdurent depuis des dizaines de milliers d’années — quelle tristesse de penser que ces migrations si anciennes pourraient être menacées.

Une image incomplète

Hirondelle rustique (photo par Laurenz Baars)

Hirondelle rustique (photo par Laurenz Baars)

Certaines des menaces qui pèsent sur les oiseaux migrateurs demeurent encore un mystère, par exemple les causes exactes du déclin des insectivores aériens (comme les hirondelles qui attrapent les insectes en vol). Ce déclin peut être lié aux effets de l’utilisation des pesticides sur leurs proies, ou du décalage du calendrier d’éclosion des insectes dû aux changements climatiques.

Les voies de migration d’autres espèces, jusqu’à leurs destinations, demeurent un mystère. Les technologies émergentes contribuent à répondre à ces questions à mesure que les dispositifs de suivi deviennent assez compacts pour pouvoir être fixés sur certains des plus petits oiseaux. Des informations qui étaient auparavant dénichées au terme de décennies de patientes études peuvent désormais être révélées au cours d’une seule saison.

Arlequin plongeur (photo par Larry Murdock Kirtley)

Arlequin plongeur (photo par Larry Murdock Kirtley)

Le prochain centenaire

La Convention concernant les oiseaux migrateurs a résisté à l’épreuve du temps. Avant de la signer, le Canada a cependant perdu pour toujours le Grand pingouin, l’Eider du Labrador et la Tourte voyageuse. En dépit des nombreuses réussites de la Convention, on compte aujourd’hui plus de 70 espèces et populations d’oiseaux inscrites à la Liste des espèces en péril. Notre collaboration fructueuse avec les États-Unis est aussi importante aujourd’hui qu’elle l’était en 1916 et, au cours du prochain siècle, le Canada doit poursuivre ses efforts partagés pour inclure d’autres pays qui abritent « nos » oiseaux migrateurs pendant leur cycle annuel.

Que pouvez-vous faire?

Grand Oie des nieges (photo par Danny Gagnon)

Grand Oie des nieges (photo par Danny Gagnon)

La participation des Canadiens soucieux des oiseaux s’est trouvée au cœur de l’édification de nos connaissances, de la mise en œuvre des programmes de conservation et du maintien de l’engagement des gouvernements. L’avenir de la conservation des oiseaux dépend de vos efforts continus! Voici comment vous pouvez y participer :

Soyez un citoyen scientifique et participez à un relevé d’oiseaux. Il en existe pour tous les niveaux de compétence, parmi lesquels le Recensement des oiseaux de Noël, les atlas d’oiseaux nicheurs, le Relevé des oiseaux nicheurs, et des programmes de suivi d’espèces individuelles comme le Martinet ramoneur ou de groupes comme les oiseaux aquatiques. Les chasseurs peuvent participer à l’Enquête nationale sur les prises.

Protégez les habitats dans votre communauté et votre jardin. Bien que les grandes régions sauvages jouent un rôle important, les petits espaces naturels profitent aussi aux oiseaux. De nombreux clubs d’ornithologues ou d’amateurs de nature, de même que des municipalités, ont entrepris des projets d’acquisition et de création d’habitats – prêtez-leur main-forte!

Réduisez les risques pour les oiseaux en évitant d’utiliser des pesticides, en sécurisant les fenêtres, et en surveillant vos animaux de compagnie quand ils sont dehors.

Engagez-vous et faites savoir à tous les niveaux de gouvernement que les oiseaux et leurs habitats sont importants pour vous. Faites la promotion des constructionsrespectueuses des oiseaux et soutenez les entreprises qui suivent des pratiques de développement durable au Canada et à l’étranger.

Réduisez vos contributions aux émissions de gaz à effet de serre.

Célébrez les oiseaux en partageant vos connaissances, en les observant et en vous joignant à d’autres ornithologues amateurs dans le cadre de la Journée internationale des oiseaux migrateurs (le deuxième samedi de mai) ou d’autres festivals. Vous vous amuserez, rencontrerez des gens et apprendrez des nouvelles choses!

Joignez-vous aux célébrations du centenaire de la Convention, et contribuez à donner un excellent départ aux cent prochaines années de la conservation des oiseaux!

Liens :

Oiseaux protégés au Canada en vertu de la Loi de 1994 sur la Convention concernant les oiseaux migrateurs
https://ec.gc.ca/nature/default.asp?lang=Fr&n=496E2702-1

L'Initiative de conservation des oiseaux de l'Amérique du Nord
nabci.net